John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Cancers et maladie de Crohn Volume 13, numéro 6, Novembre-Décembre 2006

Auteur
Service d’Hépato-Gastroentérologie, Hôpital Haut-Lévêque, 33600 Pessac

Le risque de survenue d’une tumeur maligne au cours de la maladie de Crohn (MC) est peu à peu devenu une question centrale pour les patients et leurs praticiens. Le risque néoplasique concerne essentiellement les cancers colorectaux, ceux de l’intestin grêle et les lymphomes. Le risque de dégénérescence au niveau colorectal observé dans les MC de localisation colique est voisin de celui de la rectocolite hémorragique et les mesures de prévention et de dépistage sont identiques. Bien que le risque relatif de cancer du grêle soit très élevé au cours de la MC, sa survenue reste exceptionnelle. Son risque absolu au cours de la MC est donc très faible. La survenue d’un lymphome chez un patient suivi pour une MC, quoique rarement observée, est plus fréquente que dans la population générale. L’immunosuppression conférée par la MC elle-même ou bien par les traitements en est la cause présumée. Ce risque de lymphome, de type non hodgkinien généralement, est aujourd’hui le principal facteur limitant la prescription d’immunosuppresseurs et/ou d’infliximab pour des durées très prolongées. Seules des études épidémiologiques sur de larges échelles, telles que l’étude Césame en France, permettront d’évaluer plus précisément ce risque et surtout d’identifier le sous-groupe de patients pour lesquels il est le plus élevé.