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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Cancers digestifs et thromboses : Quelles nouvelles recommandations ? Volume 27, numéro 3, Mars 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3

Tableaux

Auteurs
1 CHU Rennes, Hôpital Sud, Service de médecine interne et d’immunologie clinique, 16 boulevard de Bulgarie - 35203 RENNES Cedex 2, BP 90347
2 CHU Rennes, Université de Rennes, Inserm, EHESP, Irset (Institut de recherche en santé, environnement et travail), UMR_S 1085, F-35000 Rennes
3 CHU Rennes, Laboratoire d’hémostase
* Correspondance

La maladie thromboembolique veineuse est une cause importante de morbi-mortalité chez les patients suivis pour un cancer et a fait l’objet de nouvelles recommandations en 2019.

En prévention primaire, chez les patients suivis pour une néoplasie évolutive et hospitalisés pour un problème médical aigu et/ou avec une réduction de leur mobilité, il est recommandé de débuter une prophylaxie anti-thrombotique en l’absence de saignement ou d’autres contre-indications. De plus, il est recommandé de mettre en place un traitement prophylactique anti-thrombotique prolongé pendant quatre semaines pour tous les patients en péri-opératoire d’une chirurgie abdominale ou pelvienne en l’absence de contre-indication ou de risque élevé de saignement.

En prévention secondaire, l’anticoagulation au long cours peut se faire par héparine de bas poids moléculaire (HBPM), anticoagulant oral direct (AOD) ou anti-vitamine K (AVK). Un traitement par HBPM réduit significativement le nombre de récidive thromboembolique par comparaison aux AVK sans différence en termes de complications hémorragiques. Les AOD augmentent le risque de saignement par rapport à un traitement par HBPM, en particulier au cours de cancers gastro-intestinaux et génito-urinaires. Ainsi, il convient de rester prudent quant à l’utilisation des AOD au cours du traitement des thromboses chez les patients suivis pour un cancer gastro-intestinal. Il est proposé d’utiliser les HBPM en première intention chez les patients à haut risque de saignement, incluant les patients avec une tumeur gastro-intestinale. Les AOD restent une alternative acceptable en l’absence d’interaction médicamenteuse, d’insuffisance rénale sévère et en accord avec le patient.