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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Cancer colorectal : ce qui change nos pratiques Volume 26, numéro 8, Octobre 2019

Illustrations

  • Figure 1
Auteurs
CHU de Toulouse, Institut Universitaire du Cancer, Pôle Hospitalo-Universitaire des Maladies de l’Appareil Digestif, Service d’oncologie médicale digestive, Toulouse
* Correspondance

Deuxième cause de mortalité par cancer en France, le cancer colorectal (CCR) reste une préoccupation majeure. Cette année encore, plusieurs études sont venues changer nos pratiques :

La chimiothérapie adjuvante du cancer du côlon de stade III est un standard thérapeutique consistant depuis 15 ans en l’administration de FOLFOX pendant six mois. Récemment, une collaboration internationale de très grande ampleur, poolant six études prospectives (> 12 000 patients), a évalué une désescalade à trois mois de traitement. Bien que ne franchissant pas la démonstration statistique, les résultats permettent de proposer l’option d’une chimiothérapie limitée à trois mois de XELOX pour les patients les moins à risque (stade pT3N1).

L’immunothérapie par inhibition des « points de contrôle immunitaire » a permis des résultats remarquables dans certains cancers (mélanomes et poumon en premier lieu). Dans le CCR, les résultats ont été très décevants sauf pour les rares formes de type MSI (avec instabilité micro-satellitaire). Pour ce sous-groupe, les taux de réponse et l’allongement de survie sont nets, de telle sorte qu’il ne semble plus envisageable de ne pas proposer ce type de traitement à ces patients au cours de leur prise en charge. Les études se multiplient et on attend avec impatience les résultats des phases III, seules habilitées à déboucher sur une autorisation de mise sur le marché. Leur efficacité semble aussi très prometteuse pour les formes localisées de CCR MSI entraînant des taux majeurs de stérilisation.

La carcinose péritonéale a longtemps été considérée comme non accessible à un traitement à visée curative. La chirurgie de cytoréduction maximale, par les équipes entraînées et chez des patients sélectionnés, apporte des résultats très convaincants. En revanche, le principe de chimio-hyperthermie intrapéritonéale en fin d’intervention a échoué à démontrer son efficacité dans le premier essai disponible sur le sujet. De même, cette technique n’a pas fait la preuve de son efficacité à visée préventive chez les sujets à risque de développement de carcinose péritonéale.

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