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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Café et foie : de bons camarades ? Volume 20, numéro 2, Février 2013

Auteurs
INSERM, U1065, Equipe 8 Complications hépatiques de l’obésité, Nice, F-06204, Cedex 3, France, CHU de Nice, pôle digestif, Nice, F-06202, Cedex 3, France, Université de Nice-Sophia-Antipolis, Faculté de Médecine, Nice, F-06107, Cedex 2, France, Centre Hospitalier, unité d’hépatogastroentérologie, 64046 Pau Cedex

Le café est une boisson complexe dont la composition dépend de l’origine, du traitement du grain, de la torréfaction et du mode de préparation final. La consommation de café est génétiquement déterminée. La consommation régulière de café (principalement filtré) est associée, dans de grandes études épidémiologiques concordantes, et après les ajustements nécessaires (notamment sur le tabac), à une diminution de la mortalité globale, principalement due à la réduction de la mortalité cardiovasculaire. Le café est également associé à la diminution de l’incidence du diabète de type 2 et de la mortalité par certains cancers. Pour le foie, on a observé une diminution de la gammaGT et des transaminases (surtout en cas de consommation d’alcool ou de surcharge pondérale), une réduction du risque de cirrhose, décompensée ou non, et de mort par cirrhose, une diminution de la fibrose dans diverses hépatopathies, de la vitesse de progression en cas d’hépatite C (ainsi que d’une augmentation de la réponse au traitement antiviral), enfin, du carcinome hépatocellulaire, avec souvent une relation dose-effet. Chez l’animal ou in vitro, le café et certains de ses composants (caféine, diterpènes mais surtout les polyphénols) ont montré des actions bénéfiques en matière d’insulino-résistance, de métabolisme lipidique, de fonction endothéliale, d’effets antoxydants (certains médiés par Nrf2), d’apoptose, de glucuronidation, et de fibrogénèse hépatique. Ces données justifient la réalisation d’essais thérapeutiques.