John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Biomarqueurs des cancers colorectaux utiles en pratique clinique Volume 22, numéro 3, Mars 2015

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
Auteurs
1 CHU de Toulouse, IUCT-Rangueil-Larrey, service oncologie médicale digestive, 1 avenue du Pr J. Poulhès, Toulouse Cedex 9, France
2 CHU Toulouse, IUCT-Oncopôle, service d’anatomo-pathologie, Toulouse, France
* Tirés à part

Les biomarqueurs tumoraux utilisés en pratique clinique dans la prise en charge des cancers colorectaux (CCR) aujourd’hui sont l’instabilité microsatellitaire (IMS) et la recherche de mutations de RAS et de BRAF.

L’IMS est présente dans 15 % des CCR. L’IMS est un facteur de bon pronostic des CCR de stades localisés : les stades II avec IMS n’ont pas d’indication à une chimiothérapie adjuvante même s’ils ont des facteurs dits « à haut risque ». La recherche d’IMS est un outil de dépistage du syndrome de Lynch puisque le phénotype IMS est supposé constant dans ce cas.

Une mutation des gènes RAS est trouvée dans 50 à 60 % des CCR. Les mutations RAS peuvent se situer sur les exons 2, 3 ou 4 des gènes KRAS et NRAS. Ce sont des mutations activatrices induisant une résistance aux traitements par anticorps anti-EGFR (cetuximab et panitumumab). L’AMM de ces médicaments est restreinte aux patients porteurs de CCR métastatique sans mutation RAS.

Une mutation du gène BRAF est identifiée dans 5 à 10 % des CCR. C’est un facteur de mauvais pronotic, surtout au stade métastatique. Des thérapies ciblées anti-BRAF sont à l’essai dans le cadre du traitement des CCR ; l’inclusion des patients dans ces essais doit être privilégiée, compte tenu du très mauvais pronostic de ces tumeurs.

La recherche d’IMS, de mutations RAS et BRAF se fait à partir d’échantillons tumoraux fixés, transmis du laboratoire d’analyse initial vers l’une des 28 plateformes de génétique moléculaire des cancers mises en place par l’INCa.

De nouvelles pistes sont sans cesse en développement (mutation PI3KCA, c-MET, signatures d’expression génique, etc.) et ne manqueront pas de déboucher sur des améliorations considérables en termes de sélection et de gestion des patients porteurs de CCR.