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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Azathioprine : modalités et durée de prise en charge dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin Volume 17, numéro spécial 4, Volume 17, numéro spécial 4

Auteurs
Service de gastroentérologie, CHU de Saint-Etienne Hôpital Nord Avenue Alberd Raimond Saint Priest en Jarez, 42280

La durée du traitement d'entretien de l'azathioprine chez des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) et en rémission clinique sous cette molécule est encore débattue. De par la chronicité de ces maladies, et la prédominance de sujets jeunes, un immunosuppresseur est souvent requis pour plusieurs années. Les risques inhérents à ce traitement bien que faibles, peuvent être graves. La question de la durée optimale d'un immunosuppresseur est donc capitale. Dans la maladie de Crohn, l'absence d'études contre placebo de grand effectif rend la réponse difficile et toujours d'actualité. Au vu des données de la littérature, l'arrêt de l'azathioprine est possible après une rémission clinique d'au moins 42 mois. Le risque de rechute est cependant toujours présent et non négligeable, surtout en présence de facteurs de risque de rechute biologique (protéine C-réactive [CRP] > 20 mg/L, élévation des neutrophiles et taux d'hémoglobine inférieure à 12 g/L). Cet arrêt doit donc être discuté au cas par cas. Les données de la place de l'azathioprine dans la RCH sont plus récentes et plus discutables. Son efficacité est maintenant démontrée mais diminue dans la durée. Celle-ci est superposable aux résultats dans la maladie de Crohn. À l'arrêt de la molécule, le risque de rechute est fréquent et augmente avec le temps. Aucune donnée ne permet d'apprécier la durée optimale à proposer pour l'azathioprine dans la RCH. Seuls certains paramètres, comme l'extension de la maladie, la durée préalable de l'azathioprine et la présence ou non de poussées sous azathioprine, peuvent nous aider dans notre choix thérapeutique, qui ne peut être que du cas par cas. Quel que soit le type de maladie inflammatoire, une analyse bénéfice/risque s'impose afin d'apprécier l'intérêt de l'arrêt d'un traitement d'entretien par azathioprine. Il est possible dans l'avenir que l'obtention d'une cicatrisation muqueuse soit un facteur prédictif prépondérant de la durée optimale du traitement par azathioprine.