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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Atteinte hépatique de l’anorexie mentale Volume 14, numéro 3, Mai-Juin 2007

Auteurs
Service d’Hépatologie et Inserm U481, Hôpital Beaujon, 100 boulevard Leclerc, 92118 Clichy Cedex, Service d’Anatomie pathologique, Hôpital Beaujon, 100 boulevard Leclerc, 92118 Clichy Cedex

L’anorexie mentale est une affection fréquente puisqu’elle touche 1 % des adolescentes. Pourtant, les anomalies des tests hépatiques, fréquentes au cours de l’anorexie mentale, sont mal connues. Ces anomalies biologiques peuvent survenir : 1) au cours de la phase d’amaigrissement, à type d’élévation modérée des transaminases (5 fois la limite supérieure de la normale, observée fréquemment jusqu’à 45 % des sujets) ; 2) au cours de la phase de réalimentation, à type d’hypertransaminasémie transitoire < 10 fois la limite supérieure de la normale, régressant avec la poursuite de la renutrition.Plus l’index de masse corporelle (IMC) est bas, plus les hypertransaminasémies sont fréquentes et sévères. Lors de dénutrition très sévère avec un IMC inférieur à 13,5 kg/m 2, l’élévation des transaminases peut être très marquée et s’accompagner d’une insuffisance hépatique aiguë. Le mécanisme semble être une hypoxie hépatique liée à une baisse transitoire du débit cardiaque sur un foie en déplétion glycogénique profonde. Une hypoglycémie sévère avec coma hypoglycémique est parfois inaugurale. L’évolution est favorable après réhydratation par perfusion de sérum glucosé et équilibration hydroélectrolytique. Les apports doivent être progressifs avec surveillance rapprochée des électrolytes et particulièrement de la phosphorémie afin d’éviter un « syndrome de renutrition » conduisant à d’éventuelles insuffisances cardiaques aiguës.L’évolution de la fonction hépatique est rapidement favorable après reprise de poids.