John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Anisakiase : une parasitose digestive à (re)connaître Volume 23, numéro 3, Mars 2016

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
Auteurs
1 Hôpital de Galdakao-Usansolo,
service d’hépato-gastro-entérologie,
Barrio Labeaga s/n,
48960 Galdakao, Espagne
2 Hôpital de Galdakao-Usansolo,
service d’anatomopathologie,
Barrio Labeaga s/n,
48960 Galdakao, Espagne
* Tirés à part

L’anisakiase est une zoonose causée par Anisakis simplex, nématode de la famille des Anisakidae. L’homme est un hôte accidentel qui se contamine lors de l’ingestion de poisson cru ou insuffisamment cuit contaminé par les larves du parasite. Le taux d’infestation des poissons peut atteindre 80 % dans certaines espèces. L’infection est surtout responsable d’une atteinte digestive avec hémorragies ou érosions mais peut également toucher d’autres organes. Elle peut aussi s’accompagner de réactions allergiques légères voire graves comme le choc anaphylactique. Quand les deux types d’atteintes s’associent, on parle d’anisakiase gastro-allergique. Il est primordial de chercher par l’interrogatoire la notion de consommation de poisson cru ou insuffisamment cuit les jours précédant l’apparition des symptômes. Le diagnostic de certitude peut être réalisé par le biais d’un examen endoscopique ou bien par l’examen de la pièce opératoire lorsque l’on a recours à une chirurgie. La sérologie spécifique peut aider au diagnostic rétrospectif. Le traitement est dans un premier temps médical, avec mise au repos du tube digestif, remplissage vasculaire et antalgiques. Certains auteurs préconisent l’ajout d’un traitement anti-helminthique. Les atteintes gastriques sont traitées par l’extirpation du parasite par endoscopie et les formes intestinales peuvent nécessiter un traitement chirurgical. Mais le meilleur traitement reste avant tout prophylactique en évitant de consommer du poisson cru ou insuffisamment cuit. L’incidence de la maladie a drastiquement diminué depuis la mise en place d’une législation par l’Union européenne réglementant cette prophylaxie (obligation de congeler à – 20 °C pendant 24 heures tout poisson destiné à une consommation crue).