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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Acides aminés et trophicité intestinale Volume 8, numéro 1, Janvier -Février 2001

Auteurs
Laboratoire de biologie de la nutrition, EA 2498, faculté de pharmacie, Paris-V, 4, avenue de l'Observatoire, 75270 Paris Cedex 6.

Le rôle de l'apport azoté et de sa forme sur le maintien de la trophicité intestinale a été étudié de façon intensive dans diverses pathologies et dans des modèles expérimentaux engageant la fonction digestive. Ainsi, de nombreux travaux ont montré, notamment à l'aide de ces modèles animaux, qu'un apport protéique sous forme d'hydrolysats ou d'acides aminés libres donnait de meilleurs résultats sur la restauration de la barrière intestinale qu'un apport sous forme de protéines intactes. De même, une supplémentation nutritionnelle en glutamine ou en arginine permet de rétablir à la fois l'architecture et la trophicité de la muqueuse, mais également les fonctions des cellules immunitaires (Galt) présentes dans cet organe. Cette action pléïtropique semble jouer un rôle important lors des états d'agression où la diminution de la fonctionnalité intestinale induit une réduction de l'absorption des nutriments et, vraisemblablement, une augmentation de la translocation bactérienne, conduisant à une élévation du risque infectieux. Néanmoins, les études disponibles chez l'homme malade restent rares et il est, de fait, difficile de définir une stratégie claire d'utilisation de ces pharmaconutriments en fonction de la pathologie considérée (grêle court, cancers digestifs...). En effet, le mode d'action des acides aminés intestino-modulateurs est complexe et passe par des mécanismes directs au niveau de l'entérocyte et du Galt, mais également indirects impliquant, par exemple, des sécrétions hormonales. En outre, les difficultés d'utilisation en nutrition artificielle de certains de ces composés, comme la glutamine, diminuent les possibilités d'application d'une stratégie nutritionnelle basée sur une supplémentation en acides aminés au cours des pathologies digestives. Le remplacement de ces acides aminés par leurs précurseurs, comme l'alpha-cétoglutarate d'ornithine, apparaît, dans cette optique, être une voie prometteuse.