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Hématologie

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Dormance tumorale : quiescence ou équilibre ? Volume 16, numéro 5, septembre-octobre 2010

Auteur
Unité Inserm 837, Équipe « Facteurs de résistance des cellules leucémiques », Institut de Recherche sur le Cancer de Lille ; et Service des maladies du sang, CHU de Lille

Le phénomène de dormance tumorale est caractérisé par la persistance de cellules résiduelles pendant des périodes prolongées. Les rechutes à partir de cette maladie résiduelle constituent une cause majeure de mortalité au cours des cancers. La compréhension des mécanismes induisant la dormance tumorale pourrait conduire à de nouvelles stratégies pour prévenir les rechutes. Les modèles expérimentaux ont montré qu’il existe un équilibre entre l’hôte et la population de cellules dormantes, cellules qui semblent persister en quantités extrêmement réduites. L’interaction entre les cellules tumorales et leur micro-environnement, l’angiogenèse, et les réponses immunes antitumorales participent au contrôle de la population de cellules dormantes. Les cellules tumorales développent de nombreux mécanismes leur permettant de rester en équilibre avec l’hôte, notamment d’immuno-évasion en surexprimant des molécules immuno-régulatrice telles que B7-H1 et B7.1, par méthylation de gènes régulant la transduction du signal comme SOCS1, et des boucles autocrines et paracrines de cytokines. Certains modèles expérimentaux suggèrent que la population de cellules tumorales dormantes est constituée de cellules souches tumorales entrées en quiescence. Le phénomène de quiescence semble aussi ne pas être restreint aux cellules souches et peut être régulé via l’autophagie. Cette apparente multiplicité des mécanismes de dormance est déroutante et ne pourra être clarifiée que par l’isolement des cellules tumorales résiduelles chez des patients. L’ensemble de ces données offre toutefois, dès maintenant, la possibilité de cibler spécifiquement les cellules tumorales dormantes.