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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Place des traitements continus et de seconde ligne dans la population des parkinsoniens âgés à très âgés Volume 18, numéro 2, Juin 2020

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteur
Sorbonne Université, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, Institut du cerveau et de la moelle épinière, ICM, Inserm U 1127, CNRS UMR 7225, Département de neurologie, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris, France
* Correspondance

La maladie de Parkinson est une affection dont l’incidence augmente avec l’âge. Chez les patients très âgés, on distingue deux groupes de patients. D’une part, des patients âgés dont la maladie débute tardivement vers 80-85 ans, d’évolution plus sévère (troubles cognitifs et axiaux peu dopa-sensibles plus précoces) et ayant des comorbidités à prendre en considération dans la gestion thérapeutique. Du fait de leur espérance de vie limitée, ces patients n’auront vraisemblablement jamais besoin de traitements continus. D’autre part, des patients atteints d’une maladie évoluant depuis de nombreuses années et présentant des fluctuations motrices et des dyskinésies iatrogènes secondaires aux traitements substitutifs de la dopamine, ainsi que des troubles axiaux non dopa-sensibles. La gestion thérapeutique au long cours associe plusieurs traitements antiparkinsoniens, parfois à fortes doses. Certains reçoivent des traitements de deuxième ligne, continus, tels l’apomorphine sous-cutanée, le gel intestinal de levodopa-carbidopa, voire, la stimulation cérébrale profonde. Du fait des spécificités de la population âgée de patients parkinsoniens, la tolérance et l’efficacité peuvent être diminuées. L’enjeu est le maintien du meilleur état moteur possible en limitant le risque iatrogène. L’émergence de nouvelles techniques, dites moins invasives, tels les traitements par radiochirurgie par gamma-knife et la thermo-coagulation par ultra-sons focalisés est également discutée ici. Des études randomisées en double aveugle spécifiquement dédiées à l’étude des traitements continus chez les sujets parkinsoniens très âgés seraient nécessaires pour compléter les recommandations d’experts rapportées.