John Libbey Eurotext

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Mésusage d’antalgiques opioïdes chez le sujet âgé : une mise au point Volume 18, numéro 3, Septembre 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Service universitaire de psychiatrie de l’âge avancé (SUPAA), Hôpital de Cery, Prilly, Suisse
2 Consultations mémoire, CH Le Vinatier, Bron, France
3 Unité d’addictologie et Consultation mémoire, CH les Chanaux, Mâcon, France
4 Institut de psychologie, Université Lyon 2, Laboratoire Diphe, Bron, France
5 Équipe mobile Maladie d’Alzheimer, CH Les Charpennes, Villeurbanne, France
6 Service universitaire d’addictologie de Lyon (SUAL), CH Le Vinatier, Bron, France
7 Université de Lyon, UCBL, Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL), Inserm U1028, CNRS UMR5292, PSYR2, Bron, France
* Correspondance

Chez les sujets âgés, les antalgiques seraient les médicaments de prescription les plus mésusés. Bien que l’âge apparaisse plutôt comme un facteur protecteur, la grande prévalence des prescriptions d’opioïdes dans cette classe d’âge en fait une population à risque de développer des comportements de mésusage voire une addiction. Les données spécifiques à cette population pouvant l’attester restent malheureusement pauvres. Du fait de la coexistence de modifications pharmacocinétiques, de fréquentes polymédications (source d’interactions médicamenteuses), d’insuffisances d’organes, l’apparition d’un tel trouble est grevée d’une importante morbi-mortalité chez les sujets âgés. Celle-ci convoque fréquemment des problématiques gériatriques (chutes, confusion…), peu spécifiques. Face à ces manifestations polymorphes et non spécifiques, le diagnostic de Trouble de l’usage d’opioïdes n’est souvent pas suspecté. La prévention d’un tel trouble chez le sujet âgé passe par la recherche d’un chevauchement d’ordonnance ou d’une prescription d’opioïdes par d’autres cliniciens. Les prescriptions médicamenteuses constituent la source privilégiée pour se procurer des opioïdes chez les plus de 65 ans. En attendant le développement de filières de prise en charge dédiées, comme aux États-Unis, la collaboration psychiatre-gériatre apparaît importante. L’optimisation du traitement des comorbidités psychiatriques et somatiques constitue un volet incontournable du traitement.