John Libbey Eurotext

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

MENU

Maladie rénale chronique et troubles neurocognitifs Article à paraître

Auteurs
1 Service de gériatrie, Hôpital Ambroise Paré, AP-HP, Boulogne-Billancourt, France
2 Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP), Équipe épidémiologie clinique, Université Paris-Saclay, Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), Inserm UMRS 1018, Villejuif, France
3 Service de gériatrie, CHU de Caen Normandie, Université UNICAEN, Caen, France
* Correspondance

La prévalence des troubles neurocognitifs (TNC) est élevée chez les patients atteints de maladie rénale chronique (MRC), ceux-ci touchant 30 à 60 % des patients traités par hémodialyse. Cette association s’explique par l’existence de facteurs de risque communs comme l’hypertension artérielle et le diabète, mais aussi de facteurs de risque spécifiques de la MRC via des mécanismes vasculaires, neurodégénératifs et toxiques. Les TNC associés à la MRC sont principalement d’origine vasculaire, avec une atteinte des fonctions exécutives prédominante, mais une augmentation du risque de développer une maladie d’Alzheimer a également été retrouvée chez les patients en insuffisance rénale terminale. La prévention des TNC chez les patients atteints de MRC passe principalement par la prévention de la survenue de lésions vasculaires, notamment via le contrôle de la pression artérielle. L’utilisation des traitements spécifiques des TNC nécessite des précautions particulières chez les patients atteints de MRC. La survenue de TNC est associée à un pronostic péjoratif en cas d’insuffisance rénale terminale quelle que soit sa modalité de prise en charge, et leur dépistage devrait être systématique en cas de MRC sévère. Cet article propose une synthèse des connaissances actuelles sur l’association entre MRC et TNC dans ses aspects épidémiologique, physiopathologique, préventif et thérapeutique.