John Libbey Eurotext

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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La réserve cognitive, un des déterminants de l’évolution de la maladie d’Alzheimer Volume 19, numéro 2, Juin 2021

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3

Tableaux

Auteurs
1 Pôle de gériatrie, CM2R, Hôpitaux universitaires de Strasbourg, France
2 Département de Santé publique, Groupe méthode en recherche clinique (GRMC), Hôpitaux universitaires de Strasbourg, France
3 Laboratoire ICube, UMR 7357, Université de Strasbourg et CNRS, Strasbourg, France
* Correspondance

Objectif

Le but de notre étude est d’évaluer la conformité du modèle de réserve cognitive décrit par Yaakov Stern en 1992, qui postule que, chez les patients ayant une réserve cognitive élevée, les déficits cognitifs liés à la maladie d’Alzheimer (MA) apparaissent plus tardivement que chez les sujets ayant une faible réserve cognitive, mais qu’ultérieurement leur déclin sera plus rapide.

Patients et méthodes

Trois cent dix-huit patients atteints d’une MA sans comorbidités cérébrales ont été recrutés au sein du CM2R de Strasbourg et répartis selon 5 groupes en fonction de l’importance de leur réserve cognitive évaluée par leur niveau d’études (primaire, collège, intermédiaire, lycée et études supérieures). L’évaluation du déclin cognitif a été effectuée par le score au MMSE avec un suivi de 4 ans et plus.

Résultats

Les patients du groupe études supérieures étaient en moyenne plus jeunes et avaient un score au MMSE plus élevé à la première consultation, mais ils avaient présenté un déclin cognitif plus rapide que dans les autres groupes au cours du suivi.La comparaison des pentes des courbes de déclin au MMSE ne présentait pas de différences statistiquement significatives entre les groupes primaires/collège/intermédiaire et lycée. En revanche, la pente de chacun de ces groupes était plus faible que celle du groupe avec un niveau études supérieures, témoignant d’un déclin plus rapide chez ces derniers.

Conclusion

Ces résultats, conformes au modèle Stern, confirment qu’une réserve cognitive élevée permet de compenser plus longtemps le déclin cognitif, mais qu’elle s’accompagne, en revanche, d’un déclin plus rapide.