John Libbey Eurotext

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Implication de plusieurs processus cognitifs dans le vécu identitaire des patients Alzheimer et rôle de l’âge subjectif comme marqueur identitaire Volume 14, numéro 3, Septembre 2016

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
Auteurs
1 Harvard university, Psychology department, Cambridge, MA, USA
2 PSITEC - psychologie : interactions, temps, émotions, cognition, Université de Lille, EA 4072, Lille, France
3 Service de neurologie, Hôpital Avicenne, AP-HP, Bobigny, France
* Tirés à part

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (MA) oublient-elles qui elles sont ? L’impact des maladies neurodégénératives sur le vécu identitaire des patients a largement été étudié ces quinze dernières années. Toutefois, la plupart des études analysent un seul marqueur identitaire – comme se reconnaître dans un miroir ou utiliser le pronom personnel « je » – et ne décrivent pas comment ce marqueur évolue lors de la progression de la maladie. Cette situation a produit un ensemble disparate de résultats qui ne permettent pas de converger vers un modèle unifié de l’impact identitaire de la MA. Dans cet article, nous analysons quatre marqueurs de l’identité personnelle (le savoir autobiographique, la reconnaissance de soi dans le miroir, la distinction corporelle soi/autre et l’âge subjectif) chez 80 participants répartis en quatre stades d’avancement de la maladie. Nous pouvons ainsi montrer que ces marqueurs sont altérés indépendamment au cours de la MA. Ces résultats suggèrent que le vécu identitaire est une réalité complexe, soutenue par plusieurs processus cognitifs distincts. En particulier, alors que le savoir autobiographique est altéré précocement dans la MA, les patients en stade avancé semblent conserver un vécu identitaire ancré dans le soi corporel et la reconnaissance de soi dans le miroir. De plus, l’âge subjectif semble être un excellent marqueur identitaire. Ces résultats corroborent un modèle complexe de l’identité et conduisent à offrir une prise en charge différenciée des patients selon l’avancementde leurs troubles identitaires.