John Libbey Eurotext

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Est-ce que l’opposition aux soins manifestée par une personne âgée présentant des troubles neurocognitifs constitue un refus de soin ? Volume 17, numéro 3, Septembre 2019

Auteurs
1 Service de gériatrie, CHU J. Minjoz, Besançon, France
2 Equipe « Ethique et progrès médical » - Inserm CIC 1431, CHU de Besançon, France
3 EA 481 Neurosciences, UBFC, Besançon, France
4 Centre de long séjour Bellevaux, Besançon, France
* Correspondance
  • Mots-clés : troubles neurocognitifs, autonomie, opposition aux soins, refus de soin, refus de traitement
  • DOI : 10.1684/pnv.2019.0812
  • Page(s) : 291-8
  • Année de parution : 2019

Si le refus de soin et de traitement est un droit pour toute personne malade, reconnu par la loi, il nous apparaît légitime de nous interroger sur l’opposition aux soins et aux traitements. L’opposition est-elle le marqueur d’une relation qui n’a pas pu se tisser entre le sujet souffrant et les professionnels de santé ? Signifie-t-elle que la personne malade n’a pas été entendue dans son droit premier de refuser des soins et/ou une thérapeutique ? Mais la question se complique lorsque la personne ne peut pas exprimer sa volonté de façon explicite, qu’il y a un doute sur sa capacité à comprendre, en particulier dans le cadre d’un trouble cognitif ou encore d’un syndrome dépressif. Le risque est alors majeur de prendre des décisions par dérogation, niant une forme d’autonomie relative. L’analyse narrative de la littérature interroge ces « comportements perturbateurs » pour recentrer leur approche autour du sujet souffrant. Cette opposition doit d’abord être vue comme l’expression autonome d’un authentique refus, témoin de l’expression de la volonté du sujet, malgré la relativité de son autonomie cognitive. Cette opposition doit aussi interroger une forme de souffrance qu’il convient d’entendre et d’accompagner dans le respect de la dignité.