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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Échelle de fragilité SEGA aux urgences : retour aux sources Article à paraître

Illustrations


  • Figure 1.

  • Figure 2.

  • Figure 3.

Tableaux

Auteurs
1 Département de médecine interne, CHRU Strasbourg, Hôpital Civil, Strasbourg, France
2 Département de médecine générale, CHU Reims, Reims, France
3 Département d’épidémiologie-statistiques, CHU Rouen, Rouen, France
* Correspondance : A.A. Zulfiqar

Introduction

L’échelle de SEGA réalisée aux urgences permet-elle de prédire la morbi-mortalité ?

Méthodes

Étude prospective conduite du 30 janvier au 16 juillet 2018, aux urgences de l’hôpital de Chaumont. Les patients de plus de 65 étaient inclus. Les patients de moins de 65 ans, en situation palliative ou en urgence vitale étaient exclus. Pour chaque patient inclus, le score de SEGAm volet A était calculé et le devenir du patient était renseigné à la sortie des urgences et à un an.

Résultats

Deux-cent-soixante-dix-huit sujets inclus au total. Pour la survie globale, le statut vital était connu pour tous les sujets à un an. Il n’y avait aucun perdu de vue ni aucune censure. Ainsi, 56 patients sur 278 (20,1 %, IC95 15,6 % à 25,3 %) étaient décédés à un an. Sur les 56 décès, moins de la moitié (n = 25) étaient réadmis aux urgences avant leur décès ou lors de leur décès à un an. L’âge moyen est de 82 ± 8.2, avec 158 femmes et 120 hommes. Pour le mode de vie initial, 130 (46,8 %) vivaient à domicile sans aides, 100 (36 %) vivaient à domicile avec aides et 48 (17,3 %) en Ehpad. Le score de Charlson moyen est de 5,49 ± 1,99, avec un nombre de médicaments moyen de 7,52. Le mode d’adressage était le suivant : Samu 15 pour 144 patients (51,8 %), le médecin traitant pour 59 patients (21,2 %), une consultation spontanée pour 58 patients (20,9 %) et la famille pour huit patients (2,9 %). Les principaux motifs d’admissions étaient la chute pour 55 patients (19,8 %), la dyspnée pour 33 patients (11,9 %) et le motif « autre » pour 60 patients (21,6 %). L’orientation post SAU : 167 patients hospitalisés (60,1 %) et 111 patients sortis (39,9 %) ; 0 décès. Le score de fragilité SEGAm volet A : le temps de réalisation moyen était de 8,18 min ± 3,64, un score ≤ 8 était retrouvé pour 85 patients (30,6 %), un score entre 9 et 11 était retrouvé pour 51 patients (18,3 %) et un score ≥ 12 était retrouvé pour 142 patients (51,1 %). Dans cette population gériatrique, le risque de décès à 12 mois est estimé à 31 % (IC95 23,5 % à 39,3 %) pour les sujets dont le SEGA dépasse 12 contre environ 10 % pour les sujets de moindre SEGA. Le risque de décès ou réadmission atteint 52,8 % (IC95 44,3 % à 61,2 %) pour les sujets dont le SEGA dépasse 12 contre 20 ou 30 % pour des SEGA plus bas.

Conclusion

On peut noter ainsi que le score de SEGA fournit une information pronostique utile qui n’est pas bien reflétée par le score de Charlson ou le motif d’hospitalisation.