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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Actualités thérapeutiques dans la maladie d’Alzheimer : bientôt un traitement de fond ? Volume 20, numéro 2, 2022-06-01

Auteur
1 AP-HP Sorbonne Université, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Département de Neurologie, Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer, Paris, France
2 Institut du Cerveau – ICM, Sorbonne Université, INSERM U1127, CNRS 7225, Paris, France
Correspondance : N. Villain

La recherche de traitements de fond (disease modifiers) de la maladie d’Alzheimer s’est soldée depuis 20 ans par une série d’échecs. Ces quatre dernières années, cinq molécules ont néanmoins présenté, lors d’essais de phase II ou III, des effets significatifs sur des critères cliniques (c’est-à-dire sur le ralentissement du déclin cognitif). Parmi ces cinq molécules, trois sont des immunothérapies anti-amyloïdes (l’aducanumab, le donanemab et le lecanemab) entraînant une clairance majeure des dépôts amyloïdes cérébraux. Néanmoins, ces résultats attendent encore confirmation afin de mettre fin à la controverse quant à la décision de la Food and Drug Administration de donner d’ores et déjà une autorisation conditionnelle à l’aducanumab, jugée prématurée par de nombreux spécialistes, et de pouvoir juger de la balance bénéfice (amplitude du ralentissement du déclin cognitif)-risque (œdèmes et hémorragies cérébrales induites par ces traitements) de ces molécules qui semble pour le moment discutable. Le masitinib, un traitement dont le mécanisme d’action probable est celui de la neuroinflammation, a aussi montré des effets positifs à confirmer. Quant aux traitements ciblant la protéine tau, leur développement est moins avancé mais des signaux faibles émergent d’immunothérapies aux stades modérés de la maladie (semorinemab). L’espoir renaît donc pour les patients avec la possibilité non déraisonnable de voir apparaître des traitements de fond de maladie d’Alzheimer au sein de l’arsenal thérapeutique français dans les 5 années à venir.