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Injonction de mixité sociale et écueils de l’action collective des délogés. Comparaison entre les années 1970 et 2000 Volume 13, numéro 2, Avril-Juin 2011

Auteurs
Marion Carrel* Maître de conférences en sociologie, Université Lille 3, laboratoire Ceries, Domaine Universitaire du « Pont de Bois », BP 60149, 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex
Suzanne Rosenberg* Intervenante indépendante, 31 bis rue Saint-Michel, 37550 Saint-Avertin

Résumé

Cet article propose une analyse socio-historique du rapport des citoyens, en France, à la législation et aux programmes visant la mixité sociale. Alors que dans les « luttes urbaines » des années soixante-dix, il apparaissait légitime de s’opposer aux opérations urbaines visant à exclure les plus pauvres de la centralité, l’injonction de mixité sociale s’impose aujourd’hui davantage. Les associations et collectifs qui s’opposent à la démolition de logements ou à l’expulsion de locataires ont changé de discours et de répertoire d’action. Dans le même temps, l’acception collective de la catégorie du citoyen s’est diluée dans un rapport plus personnel aux institutions démocratiques, tandis que les professionnels se sentent illégitimes à conseiller juridiquement et stratégiquement les habitants des quartiers rénovés. L’article explore ainsi les pistes permettant d’expliquer la faiblesse du débat démocratique contemporain sur les enjeux des opérations de démolition-reconstruction, comparativement aux années soixante-dix.