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Annales françaises de médecine d'urgence

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Intoxication aiguë au monoxyde de carbone Volume 14, numéro 1, Janvier-Février 2024

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Tableaux

Auteurs
1 Service des Urgences, CHU de Nantes, F-44000 Nantes, France
2 SAMU 95, Hôpital NOVO Site Pontoise, F-95300 Cergy-Pontoise, France
3 Service des Urgences, Hôpital d’Instruction des Armées Bégin, F-94160 Saint-Mandé, France
4 Département de Médecine Intensive Réanimation et Médecine Hyperbare, CHU d’Angers, F-49000 Angers, France
5 Nantes Université, CHU de Nantes, Cibles et médicaments des infections et de l’immunité, IICiMed, UR1155, F-44000 Nantes, France
* Correspondance : F. Javaudin

Le monoxyde de carbone (CO) est responsable d’environ 3 000 intoxications par an en France. Au plan mondial la mortalité est estimée à 4,6 cas par million d’habitants. Le diagnostic d’intoxication aiguë au CO comporte une histoire compatible avec une exposition, des symptômes (en dehors des femmes enceintes) et une carboxyhémoglobinémie (HbCO) élevée lorsque le prélèvement est effectué précocement après le retrait de la source (seuil > 3 % chez les non-fumeurs et > 6 % chez les fumeurs en France ou > 10% dans la majorité de la littérature internationale). Les mesures non-invasives (transcutanée et expirée) sont trop peu précises pour être utiles en pratique clinique, notamment pour exclure l’intoxication avec certitude. Les indications d’oxygénothérapie hyperbare sont basées uniquement sur des signes cliniques de gravité. Dans les autres cas une oxygénothérapie normobare est généralement recommandée pendant 12 h, ou au minimum 6 h si les symptômes sont totalement résolutifs. La déclaration de l’intoxication est nécessaire et sera faite soit auprès de l’agence régionale de santé soit auprès du centre antipoison et de toxicovigilance. Dans les jours ou semaines suivant l’intoxication aiguë, l’apparition d’un syndrome postintervallaire est possible. Le principal facteur de risque de survenue de celui-ci est la gravité des symptômes neurologiques initiaux. Un suivi médical est donc nécessaire afin de dépister ce syndrome. Enfin, une prise en charge sociale est fréquemment nécessaire afin d’assurer un retour au domicile en toute sécurité.