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Annales françaises de médecine d'urgence

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Évaluation de la réversion par concentré de complexes prothrombiniques et vitamine K des patients porteurs de prothèse valvulaire mécanique admis dans un service d’urgence suite à un accident hémorragique grave Volume 4, numéro 2, Mars 2014

Auteurs

Objectif

Les accidents hémorragiques graves sous traitement par antivitamine K (AVK) sont fréquents, et la prise en charge initiale est maintenant bien codifiée. Pour les patients porteurs de valve mécanique cardiaque admis pour une hémorragie grave, le pronostic inhérent à l’accident hémorragique doit être mis en balance avec le risque thromboembolique lié à l’interruption du traitement anticoagulant. L’objectif de l’étude a été d’évaluer notre prise en charge d’un accident hémorragique grave en matière d’antagonisation des AVK et la reprise de l’anticoagulation au décours de celui-ci.

Matériel et méthode

Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive monocentrique portant sur la période du 1er janvier 2010 au 31 août 2012. Nous avons sélectionné les patients porteurs de valve mécanique admis pour un accident hémorragique grave ayant conduit à l’administration de concentrés de complexes prothrombiniques (CCP). Les critères de jugement sont l’évaluation de la qualité de l’antagonisation du traitement par AVK et les modalités de réintroduction des AVK.

Résultats

Vingt-huit patients porteurs de valve mécanique ont été retenus. L’âge moyen était de 75 ± 10 ans. Neuf patients ont présenté une hémorragie digestive (32 %) et cinq une hémorragie intracrânienne (HIC) (18 %). La bonne posologie a été prescrite respectivement dans 89 et 82 % des cas pour le CCP et la vitamine K. Au décours de l’accident hémorragique, la reprise du traitement anticoagulant a été très inhomogène. Deux patients sont décédés avant toute reprise de traitement anticoagulant.

Conclusion

La prise en charge dans notre structure des urgences des accidents hémorragiques graves sous AVK chez des patients porteurs de valve mécanique est conforme aux recommandations de la HAS. En revanche, la réintroduction de l’anticoagulation au décours de l’accident hémorragique est apparue comme très inhomogène.