John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

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Trois ans de veille sanitaire vétérinaire sur l’impact des boues d’épandage de stations d’épuration Article à paraître

Tableaux

Auteurs
Centre national d’informations toxicologiques vétérinaires (CNITV)
VetAgro-Sup campus vétérinaire
1, avenue Bourgelat
69280 Marcy L’Étoile
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : boue d’épuration, polluant environnemental, veille sanitaire
  • DOI : 10.1684/ers.2019.1379

Afin d’assurer la vigilance sanitaire des potentiels incidents sur la faune domestique liés aux boues résiduaires de stations d’épuration urbaines, la cellule de veille sanitaire vétérinaire a été réactivée en 2015 pour une durée de trois ans grâce à un partenariat entre l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et le Centre national d’informations toxicologiques vétérinaires (CNITV). Son activité, basée sur le recensement et l’expertise des cas d’affections animales suspectées impliquant les boues, a permis l’enregistrement de 17 notifications, dont 14 dans son champ de compétence. Les dangers sanitaires évoqués sont majoritairement d’origine biologique (10/14), et parmi ceux-ci la cysticercose est une préoccupation majeure (6/14), malgré une absence de lien de causalité établi dans les cas instruits. La population exposée est principalement d’origine bovine (79 %, soit 11/14). Sur les cas imputables, l’implication des boues a été jugée « peu probable » dans 90 % des cas (9/10) et « improbable » dans un cas. Ainsi, si on se réfère simplement au nombre d’appels reçus et aux imputations attribuées à chacun de ces cas, on peut conclure à une incidence faible des accidents sanitaires vétérinaires potentiellement liés aux boues, résultats renforcés par les données de la littérature, à la condition du respect des bonnes pratiques d’épandage, mais à nuancer par les limites inhérentes à la cellule (suivi difficile des cas, possibilités limitées d’approfondissement, faible nombre de cas rapportés). La participation des vétérinaires praticiens à cette veille s’est avérée relativement faible (15 % de déclarants), alors qu’ils sont des éléments indispensables au maillage sanitaire vétérinaire. Une sensibilisation supplémentaire à la problématique est envisageable.