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Liens entre l’efficacité énergétique du logement et la santé des résidents : résultats de l’étude européenne LARES Volume 8, numéro 6, Novembre-Décembre 2009

Auteurs
Service des études médicales d’EDF 22-28 rue Joubert 75009, Paris France, Cemka-Eval Bourg-la-Reine, 43, avenue du Maréchal Joffre, 92340 Bourg-La-Reine, France

La qualité de l’habitat – qui inclut le logement, le bâtiment ainsi que l’environnement immédiat - est considérée comme un des déterminants majeurs de l’état de santé des résidents. Parmi les nombreux facteurs en jeu dans l’habitat, les aspects liés à l’énergie et à leur impact sur la santé des résidents ont jusqu’à présent été peu documentés. En particulier, en ces temps d’économie d’énergie, malgré les mesures incitant à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments résidentiels, les effets potentiels sur la santé de telles actions ont encore été peu explorés. L’étude LARES (Large Analysis and Review of European housing and health Status) sur l’habitat et la santé, conduite dans huit villes européennes par le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de Bonn, constitue une base de données importante, qui documente à la fois les conditions d’habitat de 3 373 foyers et l’état de santé de leurs 8 519 occupants. L’étude LARES a notamment permis d’étudier la relation entre l’efficacité énergétique des logements – en termes de confort thermique, d’étanchéité, de ventilation, d’humidité et/ou de moisissures – et l’état de santé des résidents. Après ajustement sur l’âge, le sexe, le statut socio-économique et le tabac, le fait de déclarer un mauvais état de santé est apparu significativement associé à un mauvais confort thermique (odds ratio ou OR = 2,6), à des problèmes d’étanchéité (OR = 2,4), ainsi qu’à la présence d’humidité et/ou de moisissures (OR = 1,7). Des résultats comparables ont été observés sur des pathologies spécifiques, après ajustement sur les paramètres pertinents. Ainsi, la survenue de crises d’asthme dans les 12 mois précédant l’enquête était associée à la présence d’humidité et/ou de moisissures (OR = 1,7), à un mauvais confort thermique (OR = 1,5), et à une installation de ventilation non satisfaisante (OR = 1,5) dans le logement. Les allergies, l’hypertension, les rhumes/angines et les migraines/céphalées étaient également significativement liés à un confort thermique insuffisant (OR respectifs de 1,5, 1,8, 1,4 et 1,8), à la présence d’humidité et/ou de moisissures (OR respectifs de 1,3, 1,2, 1,3 et 1,8), ainsi qu’à une mauvaise étanchéité (OR respectifs de 1,1, 1,2, 1,2 et 1,7). La survenue d’un ulcère de l’estomac ou du duodénum dans les 12 mois précédents était associée à des problèmes de température (OR = 1,9) et d’étanchéité (OR = 1,6). Ces associations observées entre l’état de santé et des paramètres liés à l’efficacité énergétique doivent, bien entendu, être confortées par d’autres études, mais confirment d’ores et déjà l’intérêt, en terme sanitaire, de l’amélioration de la performance énergétique des logements existants. La présente étude montre que des actions simples et relativement peu coûteuses, visant, en particulier, à améliorer l’étanchéité et la ventilation dans l’habitat existant, pourraient avoir un impact bénéfique, non seulement sur le confort, mais aussi sur la santé des résidents.