John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

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La méningite à méningocoque au Mali et la circulation atmosphérique en Afrique de l‘Ouest Volume 3, numéro 1, Janvier-Février 2004

Auteurs
Laboratoire de météorologie dynamique (LMD), École polytechnique, RD 36, 91128 Palaiseau cedex <sultanlmd.polytechnique.fr> Université de Paris 7  Denis Diderot, UFR GHSS GHSS (c.c. 7001), Dynamique des milieux et risques, 2, place Jussieu, 75251 Paris cedex 05 <beltrandoparis7.jussieu.fr>

Chaque année, l‘Afrique de l‘Ouest est frappée par une épidémie de méningite touchant 25 000 à 200 000 personnes au sein de sa population, l‘une des plus pauvres dans l‘économie mondiale. À l‘échelle du continent, la chronologie de l‘épidémie, qui démarre en février pour disparaître au mois de mai, et sa circonscription géographique dans la « ceinture de la méningite » entre 10° N et 15° N sont fortement influencées par les conditions climatiques. La mise à disposition des recensements hebdomadaires de l‘Organisation mondiale de la santé (OMS) de cas et de décès liés à la méningite cérébro‐spinale (MCS) au Mali pour la période 1994‐2002 et l‘utilisation des réanalyses américaines du National Center for Environmental Prediction (NCEP) et du National Center for Atmospheric Research (NCAR) nous permettent de documenter ce contexte climatique pathogène à travers la relation entre l‘évolution saisonnière du nombre de cas de MCS au Mali et la circulation atmosphérique à grande échelle en Afrique de l‘Ouest. La construction d‘indices atmosphériques à partir de l‘humidité et du vent de surface montre un synchronisme de la dynamique été\hiver du climat avec la progression de l‘épidémie dont le démarrage coïncide avec le maximum de l‘hiver, en moyenne entre le 7 et le 15 février, avec une corrélation forte (0,92) entre la semaine du maximum de l‘hiver et le démarrage de la MCS au Mali. Cependant, cette analyse diagnostique ne permet pas de relier l‘intensité de la « saison épidémique » avec l‘intensité de l‘hiver.