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Environnement, Risques & Santé

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Impacts des particules atmosphériques sur la santé : aspects toxicologiques Volume 3, numéro 2, Mars-Avril 2004

Auteurs
Université Paris 7, Denis Diderot Tour 53, 3étage, couloir 53\54, case 7073 2, place Jussieu 75251 Paris Cedex 05 <maranoparis7.jussieu.fr> Inserm U408 Faculté X. Bichat, Université Paris 7 Denis Diderot 75870 Paris Cedex 18 Université Bordeaux 2 Service Médecine du travail et pathologie professionnelle Hôpital Pellegrin Place Amélie Raba‐Léon 33076 Bordeaux cedex CHU Strasbourg Service d’allergologie Hôpital Lyautey 67100 Strasbourg‐Heudaf Inserm E9937 Université Bordeaux 2 146, rue Léo Saignat 33076 Bordeaux Cedex 6. Université de Louvain KU Leuven Laboratoire de Pneumologie Herestraat 49, B‐3000 Leuven 7. Inserm U416, Institut Pasteur de Lille 1, rue Calmette 59800 Lille

Les études expérimentales ont joué un rôle important au cours des dernières années dans la compréhension des effets biologiques des particules atmosphériques. Elles ont, en particulier, permis de donner des explications causales aux observations faites dans les études épidémiologiques. Le dépôt des particules dans l’appareil respiratoire dépend essentiellement de leur taille, les particules fines (d < 1 µm) pouvant atteindre la région alvéolaire et persister dans le poumon. Les mécanismes d’action au niveau de la cible primaire que constitue le poumon ont été partiellement élucidés. Ils montrent clairement que les particules induisent un stress oxydant à l’origine d’une réponse inflammatoire. Celle‐ci pourrait expliquer les effets physiopathologiques observés, en particulier le déclenchement ou l’accentuation des troubles respiratoires chez les populations sensibles. Les particules, souvent associées à des allergènes qui s’adsorbent à leur surface, peuvent provoquer, chez les asthmatiques, une réponse à des niveaux d’exposition plus faibles aux allergènes auxquels ils sont sensibilisés. Il reste cependant encore des incertitudes sur les propriétés physicochimiques responsables des effets, en particulier sur les rôles respectifs des composés organiques, des métaux, de la réactivité de surface et de la taille des particules dans la réponse biologique. Les données expérimentales sur les effets systémiques des particules, en particulier cardiovasculaires, sont encore partielles et ne permettent pas de comprendre la part d’un éventuel passage des particules à travers les barrières et celle des effets à distance par l’intermédiaire de médiateurs de l’inflammation générés au niveau des poumons. Les études les plus récentes mettent en avant le rôle biologique des particules ultrafines (d < 0,1 µm) qui seraient susceptibles de franchir facilement la barrière épithéliale.