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Environnement, Risques & Santé

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GEO3N : exposition environnementale aux dioxines et risque de cancer du sein dans la cohorte E3N Article à paraître

Auteurs
1 Centre Léon Bérard
Département prévention, cancer, environnement
28, rue Laënnec
69373 Lyon cedex
France
2 Unité INSERM UA8 Radiation : Défense, Santé et Environnement
Lyon
France
3 INSERM U1052
Centre de recherche en cancérologie de Lyon
28, rue Laënnec
Lyon
France
4 Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, Inserm U1018)
Facultés de Médecine, Université Paris-Saclay
UPS, UVSQ, Gustave Roussy
Villejuif
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : dioxines, tumeurs du sein, exposition alimentaire, pollution de l’air, SIG
  • DOI : 10.1684/ers.2019.1381

En France, comme au niveau mondial, l’incidence du cancer du sein a doublé en 30 ans. Outre le vieillissement de la population et les progrès du dépistage, les facteurs environnementaux à effet perturbateur endocrinien ont été suggérés pour expliquer cette augmentation. Parmi eux, on retrouve les dioxines, produites lors de la combustion de produits chlorés.

L’objectif du projet GEO3N était d’étudier l’association entre l’exposition environnementale (alimentaire et atmosphérique) aux dioxines et le risque de cancer du sein dans la cohorte E3N (98 995 femmes adhérentes de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale [MGEN], suivies depuis 1990).

Aucune association statistiquement significative n’a été mise en évidence entre exposition alimentaire aux dioxines et risque de cancer du sein dans la cohorte E3N (n = 63 830 dont 3 465 cas de cancer du sein ; risque relatif [RR] = 0,94 ; intervalle de confiance à 95 % IC [IC 95 %] = 0,86-1,04 pour les plus exposées versus les moins exposées).

Les expositions atmosphériques ont été estimées grâce à un indicateur spatialisé créé pour les besoins de l’étude. Il prend en compte : 1) les émissions de 2 620 sources industrielles identifiées et localisées sur le territoire français entre 1990 et 2008 ; 2) l’histoire résidentielle des sujets de la cohorte E3N (dont 78 % sont localisés à l’adresse) ; 3) des paramètres météorologiques ; 4) des paramètres techniques des sources. Cet outil a permis d’étudier l’exposition atmosphérique de 4 529 cas de cancer du sein et 4 529 témoins appariés.

L’étude sur la région Rhône-Alpes (429 cas et 716 témoins appariés) n’a pas montré d’association statistiquement significative entre l’augmentation de l’exposition atmosphérique aux dioxines et le risque de cancer du sein. Les résultats de l’étude nationale (4 529 cas et 4 529 témoins appariés) sont en cours d’analyse. Les hypothèses fortes ainsi que les résultats d’études précédentes encouragent tout de même à étudier de manière plus large l’effet de la pollution atmosphérique sur le risque de cancer du sein.