John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

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Échauffement dû aux téléphones mobiles Volume 2, numéro 5, Septembre 2003

Auteurs
Laboratoire de physiologie cardio‐vasculaire, Avenue Kennedy, 30907 Nimes cedex 2, France <ggpina1aol.com>. CHU Gui‐de‐Chauliac, 2, avenue Émile Bertin Sans, 34 060 Montpellier cedex, France. Institut national de l‘environnement industriel et des risques (INERIS), Parc technologique ALATA, BP 2, 60550 Verneuil‐en‐Halatte, France <Rene.De‐Sezeineris.fr>
  • Mots-clés : température ; téléphone cellulaire ; champ électromagnétique.
  • Page(s) : 279-83
  • Année de parution : 2003

L‘utilisation d‘un téléphone mobile peut s‘accompagner d‘une perception de chaleur. Une partie des champs électromagnétiques issus du téléphone (40‐50 %) est absorbée par la tête de l‘utilisateur et l‘absorption la plus importante se produit en superficie, c‘est‐à‐dire dans la peau. Lorsque le téléphone est au contact de l‘oreille, les calculs d‘échauffement montrent, pour une puissance moyenne de 250 mW, une augmentation de température atteignant 0,16 °C sur la peau (DASmax sur 10 g de 1,66 W\kg ; DASmax sur 1 g de 2,22 W\kg). Comparativement, l‘échauffement calculé dans le cerveau est de 0,05 à 0,11 °C (DASmax sur 1 g de 0,34 W\kg). Nous avons mesuré l‘augmentation de température de la peau lors de l‘exposition aux signaux GSM 900 (900 MHz‐250 mW de puissance rayonnée) et GSM 1800 (1 800 MHz‐125 mW de puissance rayonnée), en utilisant un thermomètre Luxtron 790 F à fibres optiques. Les capteurs ont été placés l‘un en face de l‘autre, dans une position très précise, l‘un sur le téléphone, l‘autre sur la peau du volontaire. Le téléphone était maintenu par la main du volontaire dans la position normale d‘utilisation, et les deux sondes de température étaient superposées. Les températures étaient enregistrées jusqu‘à leur stabilisation. Les températures d‘équilibre, avec la batterie allumée mais en dehors de toute émission (en mode « réception », permettant une température équilibrée au bout de 30 min), étaient de 36,9 ± 0,3 °C pour le GSM 900 et 37,4 ± 0,4 °C pour le GSM 1800. L‘échauffement du téléphone lui‐même, entre le mode de réception stabilisé et le mode d‘émission stabilisé, mesuré à 18 °C, était de 4,4 °C pour le GSM 900 et de 2,8 °C pour le GSM 1800. La différence de température de la peau entre le mode de réception et le mode d‘émission à puissance maximale (250 mW pour le GSM 900 et 125 mW pour le GSM 1800) était de 0,93 ± 0,24 °C pour le GSM 900 et de 0,66 ± 0,18 °C pour le GSM 1800. Comme les calculs montrent que l‘échauffement de la peau est de 0,16 °C pour une puissance émise de 250 mW, plus de la moitié de la différence de température mesurée est due à des échanges calorifiques entre le téléphone et la peau. Des expériences complémentaires devront quantifier plus précisément la partie de l‘échauffement cutané due au champ électromagnétique.