JLE

Environnement, Risques & Santé

MENU

Connaissances et intérêts des enjeux climat-santé chez les internes en médecine générale en France Volume 23, numéro 1, Janvier-Février 2024

Illustrations


  • Figure 1.

Tableaux

Auteurs
1 Faculté de médecine de Strasbourg 4, rue Kirschleger 67000 Strasbourg France
2 Département de médecine générale Université de Rennes 1 2, avenue du Pr Léon Bernard 35043 Rennes Cedex France
3 Faculté de médecine Lyon 18, avenue Rockefeller 69003 Lyon France
* Tirés à part : M. Dailland

Introduction

Le changement climatique (CC) a été identifié par un rapport du Lancet comme la plus grande menace pour la santé publique du XXIe siècle. Il est lié à la santé car il a des conséquences sur celle des individus et le système sanitaire participe au changement climatique. Il y a donc un besoin de former les soignants à des risques sanitaires émergents. Notre étude était la première étude s’intéressant à la formation des internes de médecine générale en France sur les enjeux climat-santé. L’objectif de notre travail était de connaître le ressenti et les connaissances des internes vis-à-vis des enjeux climat-santé.

Matériels et méthodes

Nous avons réalisé une étude quantitative construite avec un questionnaire en ligne diffusé aux internes de médecine générale du 21 septembre 2021 au 21 février 2022.

Résultats

Au total, 695 internes de médecine générale ont répondu au questionnaire (soit 7 % des internes de médecine de France des promotions de 2019, 2020, 2021 ; au total 9 670). Les répondants déclarent être intéressés par le sujet à 94 %, pensent à quasi-totalité qu’il y a un lien entre le climat et la santé (95 %) et qu’une formation serait pertinente dans leur cursus universitaire (81 %). Parmi les participants, 88 % pensent que le changement climatique peut impacter leur pratique professionnelle mais ils déclarent être peu formés (entre 2 % et 4,5 % ont déjà reçu une formation) ; 93 % répondent à juste titre que le changement climatique peut aggraver des pathologies chroniques (respiratoires, cardiologiques et psychiatriques) à cause des phénomènes climatiques extrêmes (canicule, inondation) et qu’il existe des personnes plus vulnérables (personnes âgées [97 %], personnes défavorisées [92 %], travail en extérieur [85 %] habitat urbain [76 %]).

Des lacunes ont été identifiées concernant la prise en charge des pathologies rénales et des maladies transmises par voie hydrique (choléra), ainsi que sur l’influence des vagues de chaleur.

Conclusion

Il existe une forte demande de formation aux enjeux climat-santé qui ­contraste avec une offre de cours insuffisante, ce qui rejoint les études antérieures multinationales. Les maladies en lien avec le changement climatique sont en pleine croissance mais insuffisamment comprises par les internes de médecine générale. Il apparaît donc nécessaire de mettre en place des formations sur ces sujets.