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Douleur et analgésie

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Hypersensibilité à la douleur et déficit d'analgésie induits par la séparation maternelle néonatale chez le rat : identification de mécanismes épigénétiques Volume 36, numéro 4, Décembre 2023

Tableaux


  • Tableau 1
Auteurs

Les stress en début de vie font partie des événements adverses affectant le développement du système nerveux et son fonctionnement à un âge plus avancé. Ils augmentent le risque de développer des troubles psychiatriques ainsi que des douleurs chroniques et les comorbidités affectives qui y sont associées tout au long de la vie. Il a été suggéré que différentes régulations épigénétiques puissent être impliquées dans ces conséquences. Nous avons testé cette hypothèse grâce à un modèle murin de séparation maternelle néonatale (SMN) qui induit des altérations à long terme de plusieurs fonctions cérébrales, comme l'anxiété et la nociception. Nous avons constaté que les rats exposés à la SMN et devenus adultes présentent des modifications durables dans l'expression des facteurs épigénétiques induisant une compaction de la chromatine, et ce tout au long de leur vie. Ces modifications sont associées à deux systèmes moléculaires, en particulier celui de l'ocytocine et celui des transporteurs chlorure, ce qui se traduit fonctionnellement par une hypersensibilité nociceptive mécanique, ainsi qu'un déficit d'analgésie. L'implication des changements épigénétiques dans ces altérations a été confirmée, puisqu'un traitement à l'âge adulte avec l'inhibiteur d'histone désacétylase SAHA permet de rétablir le phénotype moléculaire et comportemental des animaux SMN. La SMN induit une signature épigénétique spécifique et durable qui pourrait influencer les processus inhibiteurs au sein des fonctions cérébrales, et expliquer les altérations de l'expression douloureuse et de l'adaptation au stress des animaux stressés.