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Douleur et analgésie

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Douleur, maltraitance et iatrogénie Volume 21, numéro 3, Septembre 2008

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En classant en 1996 le sujet de l’iatrogénie comme «priorité de santé publique», la Conférence nationale de santé ouvrait le champ à une réflexion sur les risques des pratiques médicales. Repris par les sénateurs, d’une part, qui se sont préoccupés du sujet de la maltraitance, et par le Haut comité de la santé publique, d’autre part, pour ce qui relèverait de la lutte contre l’iatrogénie, ces documents deviennent une base de travail pour les cliniciens. Ces textes précisent les champs respectifs de l’iatrogénie et de la maltraitance et les limites de chacun. Il sera rappelé que l’exercice de la médecine est un art nécessitant l’alliance de connaissances issues tant des sciences fondamentales que des sciences humaines, et que la plainte douloureuse est, par définition, autant que dans l’expérience de la pratique clinique, le fruit d’un mélange complexe de variables devant toutes être évaluées et prises en compte dans le projet thérapeutique. À partir de là, sera développé ce qui relèverait de l’iatrogénie et de la maltraitance. Un éclairage particulier sera apporté à l’absence de traitement des variables dépendantes dans la prise en charge des soins, mettant l’accent sur le fait que ce choix ou le choix du déni sont plus à rapprocher de la maltraitance que de l’iatrogénie, et qu’ils exposent d’un côté le patient à un risque de chronicisation représentant une perte de chance, et de l’autre les praticiens à des recours en responsabilité médicale.