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Bulletin du Cancer

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Traitement médical d’induction et cancer du sein Volume 86, numéro 9, Septembre 1999

Auteurs
Département d’oncologie médicale, Centre René-Huguenin, 35, rue Dailly, 92210 Saint-Cloud.

Le traitement médical d’induction du cancer du sein repose sur l’étroite dépendance démontrée en préclinique entre croissance des métastases à distance, tumeur primitive et angiogenèse tumorale. Des deux modalités thérapeutiques systémiques possibles, chimiothérapie ou hormonothérapie, seule la première a été étudiée de manière extensive. Historiquement adoptée pour le traitement initial des tumeurs localement avancées, elle est aujourd’hui discutée pour des tumeurs de plus petites tailles. Malgré des taux de réponses cliniques ± radiologiques élevés, seule la réponse histologique au niveau de la tumeur primitive et des ganglions émerge comme le facteur essentiel prédictif pour la survie. Ces résultats sont peu influencés par les tentatives d’amélioration de l’index thérapeutique de la chimiothérapie (nouveaux cytotoxiques, dose-intensité), traduisant probablement les limites de cette dernière. Bien qu’aucun essai randomisé chimiothérapie première versus chimiothérapie adjuvante n’ait montré de différence en termes de survie, certains ont retrouvé un impact positif d’un traitement néoadjuvant sur les rechutes à distance, le taux de rechutes locales n’étant pas influencé par le bras thérapeutique mais plutôt par le type de traitement chirurgical retenu après chimiothérapie première. Le traitement médical d’induction est donc une situation thérapeutique dynamique favorable pour approcher les mécanismes moléculaires associés à la réponse tumorale et étudier la possibilité de guider les choix des traitements d’induction et des patientes pour lesquelles une approche néoadjuvante est indiquée.