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Bulletin du Cancer

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T régulateurs et carcinome hépatocellulaire : rôle des lymphocytes T régulateurs dans le contrôle de la réponse immune Volume 95, numéro 12, décembre 2008

Auteurs
Laboratoire d’immunopathologie des cancers viro-induits, institut de biologie de Lille, UMR 8161, 1, rue du Professeur-Calmette, 59021 Lille cedex, France, Laboratoire d’immunologie, UPREZ 1833, institut Cochin, 22, rue Méchain, 75014 Paris, France, Immunosearch, Les Cyclades, chemin de Camperousse, 06130 Grasse, France, Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire, 60, route des Lucioles, Sophia-Antipolis, 06560 Valbonne, France

Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est le cinquième cancer le plus fréquent dans le monde et la troisième cause de mortalité liée au cancer. Le CHC survient plus fréquemment chez les hommes qui ont développé une cirrhose, le plus souvent consécutive à une infection chronique virale (VHC et VHB) ou à un abus d’alcool. A l’heure actuelle, les seuls traitements pour le CHC sont la résection ou la transplantation hépatique. Les mécanismes immunologiques sont très importants dans la surveillance de la malignité et dans le contrôle de la progression tumorale. Il a par ailleurs été décrit qu’une infiltration étendue de lymphocytes infiltrant la tumeur hépatique (TILs) était associée à une récidive réduite de la tumeur après résection. Cependant, la croissance continue de la tumeur, malgré l’infiltration de cellules T spécifiques à la fois à l’intérieur et autour de la tumeur, suggère un échec du contrôle immunitaire. De nombreux mécanismes ont été proposés pour expliquer cette altération de la réponse immune, mais il est apparu évident qu’il pouvait y avoir une inhibition directe des cellules effectrices par les lymphocytes T régulateurs qui joueraient un rôle dans la suppression de la réponse immune antitumorale. Initialement identifiés en situation de désordres immunologiques, telles certaines pathologies auto-immunes inflammatoires, les lymphocytes T régulateurs se caractérisent par leur capacité à inhiber la réponse T helper. Plusieurs sous-populations de cellules T régulatrices sont décrites à ce jour, mais les cellules T CD4+CD25+, FoxP3+ et les Tr1 restent les mieux caractérisées. Une implication directe des T CD4+CD25+ dans la malignité et dans le contrôle de la progression du CHC n’a pas été clairement définie à ce jour. Cependant, de études récentes ont montré que les T régulateurs et, en particulier, les Tr1 pouvaient être impliqués dans la chronicité de l’infection par le VHC et favoriser la progression du CHC, en modulant la réponse immune cellulaire.