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Bulletin du Cancer

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Rôle des PI3 kinases dans le contrôle de l’autophagie Volume 93, numéro 5, Mai 2006

Auteurs
Inserm U756, Signalisation et physiopathologie des cellules épithéliales, Faculté de Pharmacie, rue Jean-Baptiste-Clément, 92296 Châtenay-Malabry Cedex

La macroautophagie, ou autophagie, est un processus dégradatif lysosomial qui fait suite à la séquestration de macromolécules et d’organites dans une vacuole cytoplasmique. La découverte récente de la machinerie moléculaire de ce mécanisme, conservé de la levure à l’homme, suggère qu’il possède des fonctions plus larges que la dégradation non sélective de matériel. L’inhibition de l’autophagie observée dans les cellules cancéreuses est associée à la progression tumorale. Ce processus est régulé par diverses voies de signalisation qui contrôlent également la croissance cellulaire, la prolifération, la survie et la mort cellulaire. Deux de ces voies jouent un important rôle dans le contrôle de l’autophagie, les voies des PI3K I et III (phosphatidylinositol 3-kinase de classes I et III). Plusieurs gènes suppresseurs de tumeurs (PTEN, TSC1 et 2, p53), qui sont impliqués dans la cascade de signalisation de la PI3K I/mTOR, sont des activateurs de l’autophagie. À l’opposé, les oncoprotéines, impliquées dans cette transduction (Ras, PI3K I et Akt/PKB), ont des effets inhibiteurs. Ces résultats, couplés au fait que la protéine Beclin 1, qui forme un complexe avec la PI3K III pour induire l’autophagie, est le produit d’un gène suppresseur de tumeur, donne de la crédibilité à l’idée que l’autophagie est un mécanisme suppresseur de tumeur. Cependant, les cellules cancéreuses peuvent mobiliser leurs capacités autophagiques en réponse à différents stimuli, suggérant qu’elles peuvent aussi exploiter ce mécanisme pour leur propre intérêt.