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Bulletin du Cancer

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Relaxine et cancer du sein Volume 84, numéro 2, Février 1997

Auteur
Department of Human Anatomy and Histology, Section of Histology, University of Florence, Viale G. Pieraccini 6, I-50139 Florence, Italy.

La relaxine est une hormone peptidique d’origine lutéale avec un large panel d’activités biologiques sur les tissus et les organes de l’appareil reproducteur féminin ainsi que sur d’autres cibles non directement en relation avec la fonction reproductrice. La glande mammaire est une des cibles principales de la relaxine. Cette dernière permet la croissance et la différenciation du parenchyme mammaire et du stroma. En se basant sur la connaissance de l’action mammotrophique de la relaxine, des recherches ultérieures pourraient montrer que ce peptide influence aussi le comportement des cellules cancéreuses du sein in vitro. En effet, quand la relaxine est ajoutée au milieu de culture des cellules d’adénocarcinome du sein MCF-7 pour de brèves périodes, elle a un effet biphasique sur leur croissance en stimulant la prolifération cellulaire à faibles concentrations nanomolaires et en l’inhibant à fortes concentrations micromolaires. Les incubations plus longues de relaxine ont un effet inhibiteur marqué sur la croissance des cellules MCF-7 à n’importe quelle concentration, et permettent la différenciation cellulaire et l’expression des molécules d’adhésion qui sont connues pour empêcher la formation des métastases par les cellules cancéreuses. L’effet positif de la relaxine sur la différenciation des cellules MCF-7 est encore plus marqué quand ces cellules sont co-cultivées avec des cellules myoépithéliales qui recréent un micro-environnement rappelant l’architecture tissulaire des conduits mammaires in vivo. En ce qui concerne les mécanismes d’action de la relaxine sur les cellules MCF-7, il semble que les effets inhibant la croissance et stimulant la différenciation s’effectuent par l’intermédiaire de l’activation de la voie biosynthétique de l’oxide nitrique.