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Bulletin du Cancer

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Nouvelle place de la chimiothérapie des gliomes Volume 92, numéro 4, Avril 2005

Auteur
Unité de Neuro-Oncologie, CHU Timone et Laboratoire de cancérologie expérimentale Inserm EMI 0359, Faculté de Médecine Nord, Université de la Méditerranée, Faculté de Médecine, Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille

Depuis l’essai de Walker en 1978 et pendant plus de 25 ans, le standard de traitement adjuvant des gliomes malins a reposé sur la radiothérapie, alors que le bénéfice de la chimiothérapie par nitroso-urées était plus discuté, puisqu’il portait principalement sur l’augmentation du taux de longs survivants. En 2004, l’essai de l’EORTC et du NCI Canada présenté à l’Asco a, de fait, défini un nouveau standard pour les glioblastomes, reposant sur l’administration de témozolomide en traitement concomitant et au décours du schéma conventionnel de radiothérapie. Sur une population de 573 patients randomisés, ce schéma a permis de porter la médiane de survie de 12,1 à 14,6 mois et le taux de survie à 2 ans de 8 à 26 %, par rapport à une radiothérapie exclusive. Dans le même temps, pour les oligodendrogliomes anaplasiques, l’essai conduit par Cairncross n’a pas mis en évidence de bénéfice clair de l’addition d’une chimiothérapie selon le schéma PCV à une radiothérapie conventionnelle, soulignant les difficultés à élaborer un nouveau standard de traitement dans ces formes histologiques dont il a pourtant, le premier, décrit la chimiosensibilité particulière. Enfin, et surtout, ces deux essais qui ont testé, avec succès, l’impact de marqueurs moléculaires de chimiosensibilité (délétion des chromosomes 1p et 19q, méthylation du promoteur de l’O6 méthylguanine ADN méthyl transférase, MGMT), préfigurent l’importance des marqueurs moléculaires comme facteurs thérapeutiques décisionnels. Cette revue présente donc la place de la chimiothérapie dans les nouveaux standards thérapeutiques des gliomes de haut grade, ainsi que leurs limites, leur impact sur les traitements de deuxième ligne et les perspectives ouvertes dans les glioblastomes et les tumeurs oligodendrocytaires.