John Libbey Eurotext

Bulletin du Cancer

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Médecines complémentaires et alternatives suivies par les patients cancéreux en France Volume 94, numéro 5, Mai 2007

Auteurs
Pharmacien, 34, route du Polygone, 67100 Strasbourg, Pharmacien, Centre Paul-Strauss, BP 42, 67065 Strasbourg, Pharmacologie et physicochimie des interactions cellulaires et moléculaires, Faculté de Pharmacie, 74 route du Rhin, 67401 Illkirch, Médecine générale, 5 place des Halles, 67000 Strasbourg, Pharmacien, Pharmacognosie et molécules naturelles bioactives, Faculté de Pharmacie, 74 route du Rhin, 67401 Illkirch, Pharmacien, Pharmacie du Pont de l’Europe, 2, avenue du Pont de l’Europe, 67000 Strasbourg, Oncologie-radiothérapie, Centre Paul-Strauss, 3 rue Porte-de-l’Hôpital, BP42, 67065 Strasbourg

Deux cent quarante-quatre malades cancéreux en cours de chimiothérapie dans deux centres publics (adulte et pédiatrie) et une consultation privée ont été interrogés sur la prise de traitements complémentaires et alternatif (CAM). Lorsqu’on regroupait les consultants du centre participant au service public et du cabinet libéral, près de 28 % utilisent au moins une forme de CAM, essentiellement l’homéopathie (60 %), des régimes diététiques particuliers et suppléments alimentaires (44 %), la phytothérapie (37,5 %), des injections d’extraits de gui (40 %) et, moins fréquemment, l’acupuncture ou d’autres traitements, notamment biologiques. Ces CAM étaient pris en moyenne 4 à 5 mois après le début du traitement anticancéreux dans le but essentiellement, selon les malades, de renforcer les défenses de l’organisme (78,5 %) pour mieux supporter le traitement anticancéreux (85 %) et, pour un pourcentage non négligeable (27,5 %), pour traiter la maladie cancéreuse elle-même. Tous les malades suivaient des traitements anticancéreux classiques et aucun n’avait envisagé de les interrompre. Le traitement était instauré dans la grande majorité des cas par des médecins, notamment homéopathes, et 30 % des malades n’en informaient pas leur oncologue. L’échantillon d’oncopédiatrie ne concernait que les parents de 10 enfants et, dans cet échantillon, les mêmes constatations que pour les adultes ont été notées. La plupart des patients n’avaient pas recours à ce type de traitement avant le diagnostic de cancer et c’est essentiellement l’existence d’une maladie grave et des effets secondaires des thérapeutiques qui les orientaient vers ces thérapeutiques. Il n’a pas été noté d’effets secondaires notables lors de la prise de ces différentes médecines. En analyse multivariée, le sexe féminin et un âge compris entre 20 et 50 ans apparaissent significativement associés au recours aux médecines complémentaires. L’ensemble des patients consommateurs de ces médecines en fait complémentaires se dit satisfait de l’amélioration de leur état général et des symptômes comme la fatigue, les nausées et vomissements, et rares sont ceux qui n’ont constaté aucune amélioration subjective. Cette étude, la première sur un effectif aussi important en France, confirme les données des autres pays européens.