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Bulletin du Cancer

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Médecine nucléaire en oncologie : nouvelles modalités diagnostiques et thérapeutiques Volume 88, numéro 1, Janvier 2001

Auteurs
Médecine nucléaire, Centre Jean-Perrin, 63011 Clermont-Ferrand. 2
  • Page(s) : 35-44
  • Année de parution : 2001

La nouvelle décennie s'ouvre sur les perspectives d'un important développement de la médecine nucléaire en oncologie. La tomographie d'émission par positons (TEP) au fluoro-désoxyglucose (FDG) est sans doute la plus médiatisée de ces nouvelles applications, même si elle n'est pas encore la plus utilisée. Cependant, les contraintes liées au coût de l'instrumentation et à son intégration parmi le matériel lourd de médecine nucléaire soumis à autorisation dans le cadre de la carte sanitaire ralentissent cruellement son développement, alors même que les principales indications en oncologie sont désormais solidement validées. Cette situation, qui fait de notre pays une exception parmi nos voisins européens, n'est d'ailleurs pas sans poser de potentiels problèmes médico-légaux. À l'autre extrémité de la chaîne en termes de coût d'équipement, la détection isotopique peropératoire du ganglion sentinelle radiomarqué est également en passe de simplifier drastiquement la chirurgie du bilan d'extension ganglionnaire dans le mélanome et dans le cancer du sein, avant peut-être de s'étendre à d'autres localisations. Souvent perçue comme une discipline trop technique, trop coûteuse et trop éloignée de la réalité clinique, la médecine nucléaire est pourtant en train de démontrer, par ces deux percées importantes, qu'elle peut jouer un rôle significatif dans le sens d'une diminution du nombre d'examens complémentaires et de la morbidité postopératoire, allégeant par là le coût du traitement considéré dans son ensemble. À côté de ces applications diagnostiques, la médecine nucléaire revendique depuis longtemps de grandes capacités potentielles en matière de thérapie, en dehors bien sûr du domaine acquis du traitement par l'iode 131 dans le cancer de la thyroïde. Le temps des résultats concrets est désormais advenu. La radiothérapie métabolique peut faire état de succès dans l'utilisation du Lipiocis® dans les carcinomes hépatocellulaires (CHC), ainsi que dans celle d'anticorps radiomarqués par des émetteurs bêta dans la radio-immunothérapie des lymphomes de bas grade. Un champ tout à fait passionnant s'ouvre là et il semble inévitable que, dans un avenir relativement proche, une zone de recouvrement non négligeable apparaisse dans la formation des spécialistes en oncologie et en médecine nucléaire.