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Bulletin du Cancer

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L’interféron alpha dans le traitement des lymphomes non hodgkiniens de faible malignité Volume 85, numéro 10, Décembre 1998

Auteurs

Les lymphomes non hodgkiniens (LNH) ont une incidence en augmentation continue depuis les vingt dernières années. La prise en charge des formes de bas degré de malignité a peu progressé en termes de survie globale durant cette période. L’interféron alpha représente une approche thérapeutique innovante et intéressante aux vues des résultats obtenus dans les études préliminaires. Cette revue de la littérature fait le point sur les différentes études randomisées de phase III publiées testant l’efficacité de l’interféron en association ou en entretien de la chimiothérapie dans les LNH de faible malignité disséminés. Après recherche bibliographique, neuf essais sont inclus dans l’analyse. Les résultats montrent une certaine hétérogénéité dans les critères de sélection des patients dans les essais, pour l’histologie, l’âge à l’inclusion, les critères de mise en traitement ou de randomisation, le type de chimiothérapie, la dose et le schéma d’administration de l’interféron. On observe une efficacité de l’interféron en survie globale dans deux essais sur neuf tandis que sept essais sur neuf montrent un bénéfice sur le délai de rechute ou de progression de la maladie. Les toxicités majeures sont d’ordre hématologique et générale (asthénie) entraînant des adaptations ou des arrêts du traitement. Considérant l’ensemble de ces résultats, il paraît prématuré de recommander l’usage de l’interféron en routine, en dehors d’essais thérapeutiques, sans mener d’autres études prospectives permettant de recouper ces observations et de tester la stratégie d’utilisation de cette molécule.