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Bulletin du Cancer

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Invasion et angiogenèse dans les gliomes : rôle de l’adrénomédulline Volume 92, numéro 4, Avril 2005

Auteurs
Laboratoire de cancérologie expérimentale, Inserm E0359, Faculté de médecine Nord, boulevard Pierre-Dramard, 13916 Marseille Cedex 20, Unité de neuro-oncologie, CHU Timone, Marseille, Laboratoire de transfert d’oncologie biologique, Assistance publique Hôpitaux de Marseille, Faculté de médecine Nord, Marseille, Laboratoire de biopathologie nerveuse et musculaire, EA328, Faculté de médecine Timone, 27 bd Jean-Moulin, 13005 Marseille

Les gliomes sont les tumeurs les plus fréquentes du système nerveux central et représentent plus de la moitié des tumeurs primitives intracrâniennes de l’adulte, avec un pronostic toujours mauvais. La plupart d’entre eux ont d’emblée un pronostic mauvais associé a un haut grade histopronostique (gliome malin) alors que les gliomes de bas grade progressent vers la malignité en quelques années. Le phénotype malin des gliomes est caractérisé par une forte invasivité locale qui fait en grande partie le pronostic de ces tumeurs. Si les gliomes malins ont constitué un des premiers champs d’application des thérapeutiques ciblées, les résultats restent très controversés, voire décevants. Cela souligne l’importance et l’intérêt que doit susciter l’étude, d’une part, des mécanismes biologiques et moléculaires spécifiques impliqués dans l’invasion gliale et, d’autre part, de ceux associés à la capacité des tumeurs à élaborer une angiogenèse fonctionnelle, étape essentielle pour la progression tumorale. Un mécanisme important, dans le développement et le contrôle de ce processus, est la production de facteurs diffusibles qui activent directement la migration et la prolifération des cellules endothéliales. De nombreux facteurs angiogéniques ont été identifiés, isolés et caractérisés, parmi lesquels des cytokines et des facteurs de croissance. Plusieurs stratégies ont été développées ciblant les cellules endothéliales (immunotoxines, peptides proapoptotiques), les facteurs angiogéniques ou leur récepteur. En revanche, une voie peu étudiée est celle impliquant les neuropeptides produits par les cellules tumorales ayant un impact sur l’organisation d’une néoangiogenèse fonctionnelle associée ou non à des effets prolifératifs. Parmi ces neuropeptides, l’adrénomédulline (AM), dont l’expression est corrélée à l’agressivité des tumeurs gliales, représente un maillon « clé » dans les interactions entre les cellules tumorales gliales et les cellules du microenvironnement. L’hypothèse selon laquelle l’AM participerait à la progression des tumeurs gliales via les récepteurs CRLR/RAMP2, CRLR/RAMP3 s’est vérifiée in vitro et in vivo. Par la suite, des preuves de l’effet de l’AM sur la vascularisation tumorale ont été apportées. La poursuite de l’étude de ses effets sur les cellules endothéliales et, par voie de conséquence, sur l’angiogenèse tumorale représente une voie de recherche stimulante pour élaborer les meilleures stratégies pour neutraliser l’AM, à des fins antiprolifératives et anti-angiogéniques.