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Bulletin du Cancer

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Guéri d'une maladie de Hodgkin Volume 89, numéro 7, Juillet - Août 2002

Auteur
HDJ d'hématologie, Hôpital Saint-Louis, 1, avenue Claude-Vellefaux, 75475 Paris Cedex 10.

La maladie de Hodgkin guérit dans 80 à 90 % des cas avec une amélioration progressive depuis les années 1960. Nous passons en revue les critères de rémission complète avec le problème des masses résiduelles post-thérapeutiques qui n'influent pas sur le risque de rechute mais nécessitent un suivi plus strict. Le suivi des patients en rémission se fait en consultation tous les 4 mois la première année, puis tous les 6 mois avec un bilan simple sur une durée d'au moins 10 ans, puis un relais par le médecin traitant. Des complications peuvent survenir avec en premier des leucémies aiguës qui arrivent avant 10 ans mais sont devenues exceptionnelles avec la diminution de l'usage des chimiothérapies de type MOPP. Les autres tumeurs solides surviennent plus tardivement et dépendent de l'âge du patient, des traitements reçus et de facteurs individuels. Les complications thyroïdiennes, fréquentes, ne nécessitent le plus souvent qu'une supplémentation en extraits thyroïdiens (25 à 40 % des patients). Les problèmes de fertilité sont directement liés aux chimiothérapies (comprenant des agents alkylants) et à la radiothérapie pelvienne. Avec l'usage courant des chimiothérapies de type ABVD, la fertilité semble préservée mais il existe un risque de toxicité cardiopulmonaire à long terme, surtout pour les patients les plus âgés et recevant aussi une radiothérapie médiastinale. Globalement, de nombreux patients guéris de maladie de Hodgkin reprennent une vie socioprofessionnelle normale tout en gardant parfois une fatigue plus importante et de nombreux enfants sont nés après les traitements.