John Libbey Eurotext

Bulletin du Cancer

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Existe-t-il des arguments pour contre-indiquer une hormonothérapie substitutive après traitement d’un adénocarcinome ovarien ? Volume 84, numéro 10, Octobre 1997

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La question de la substitution hormonale est fondamentale chez les femmes traitées pour cancer épithélial de l’ovaire, puisqu’elles sont en situation de ménopause naturelle ou iatrogène dans plus de 95 % des cas. Plusieurs études rétrospectives ont exploré l’influence épidémiologique éventuelle (positive ou négative) des traitements hormonaux substitutifs (THS) dans la genèse des cancers ovariens épithéliaux. Quoique contradictoires, ces études dans leur ensemble ne montrent ni rôle favorisant, ni rôle protecteur des THS. In vitro, certains oestrogènes ont un effet mitotique sur des lignées cellulaires de cancer ovarien, alors que progestérone et anti-oestrogènes ont une action antiproliférative. Ces effets sont médiés par des récepteurs intracellulaires aux hormones stéroïdiennes (RE, RPg). Bien que progestatifs à forte dose et antioestrogènes aient pu être utilisés à des fins thérapeutiques dans des cancers ovariens épithéliaux avancés, avec des taux de réponse variables mais globalement inférieurs à 20 %, aucune corrélation clinico-biologique (taux de récepteurs positifs) n’a pu être mise en évidence. La signification clinique de la présence de ces récepteurs dans les tumeurs n’est donc absolument pas établie. Une seule étude rétrospective a étudié l’influence pronostique potentielle de THS prescrits après le traitement d’un cancer épithélial ovarien, et ne montre pas d’effet délétère. En conclusion, la revue de données épidémiologiques, biologiques et cliniques récentes ne met pas en évidence d’argument s’opposant à la prescription d’un THS chez les patientes traitées pour cancer épithélial de l’ovaire, en l’absence bien sûr d’autres contres-indications.