John Libbey Eurotext

Bulletin du Cancer

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Evaluation préclinique des médicaments anticancéreux : un modèle reste un modèle Volume 85, numéro 10, Décembre 1998

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Les deux premiers critères mis en jeu dans la sélection de nouveaux médicaments antitumoraux sont, d’une part, l’originalité du mécanisme d’action et, d’autre part, l’activité antitumorale expérimentale dans un modèle animal in vivo. Les tumeurs greffées chez la souris consanguine ainsi que les xénogreffes de tumeurs humaines chez la souris nude sont des modèles anciens, mais toujours très utilisés. Ces modèles tumoraux sont incontestablement très utiles bien que favorisant la sélection de nombreux faux positifs (produits actifs au laboratoire mais inactifs chez l’homme). Ces différences de résultats observées entre le laboratoire et la clinique tiennent, d’une part, au matériel biologique lui-même et, d’autre part, aux conditions méthodologiques d’évaluation. Ces modèles auront encore un rôle clé à jouer dans les prochaines années, mais en veillant à une utilisation en meilleur accord avec la réalité clinique. Un domaine innovant est celui des souris transgéniques développant in situ différentes pathologies tumorales : les études en cours préciseront leur intérêt potentiel par rapport aux modèles existants. Nous assistons enfin à l’émergence clinique d’une nouvelle classe de produits avec, les modulateurs de la signalisation cellulaire. Les propriétés antitumorales et toxicologiques de ces nouveaux produits sont très différentes de celles des médicaments cytotoxiques. Si une activité clinique significative est au rendez-vous, alors expérimentateurs, toxicologues et cliniciens devront radicalement changer leurs habitudes.