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Bulletin du Cancer

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Chimiothérapie intensive avec support de cellules souches hématopoïétiques dans le traitement des tumeurs germinales : expérience du centre Léon-Bérard de 1982 à 1996 Volume 86, numéro 4, Avril 1999

Auteurs
Département de cancérologie médicale, Centre Léon-Bérard, 28, rue Laennec, 69376 Lyon Cedex 08.

Les patients atteints d’une tumeur germinale (TG) à un stade avancé sont guéris dans plus de 80 % des cas par la chimiothérapie et la chirurgie. Pour les autres se pose la question d’un traitement curatif. Au début des années quatre-vingt a été développée la chimiothérapie intensive avec support de cellules souches hématopoïétiques. Nous présentons l’expérience rétrospective (1982 à 1996) du centre Léon-Bérard. Soixante-quinze patients ayant une TG gonadique ou extragonadique ont été traités soit par le protocole VIC (étoposide, ifosfamide, cisplatine, n = 46), soit par CarboPEC (carboplatine, étoposide, cyclophosphamide, n = 17), soit par PEC (cisplatine, étoposide, cyclophosphamide, n = 9), soit enfin par un autre protocole (n = 10). Au total, 82 cycles ont été réalisés. Les chimiothérapies ont été indiquées dans différentes situations : en première ligne de traitement dans le cadre d’une tumeur de mauvais pronostic (n = 31), en rattrapage d’une rechute (n = 15), en consolidation d’une réponse incomplète (n = 15), et dans le cas d’une tumeur réfractaire au cisplatine (n = 14). Dans l’ensemble des protocoles, nous avons observé 31 % de réponses complètes (RC). Les taux actuariels de survie globale et de survie sans événement (méthode de Kaplan-Meier) sont respectivement pour l’ensemble des patients à 2 ans de 67 % et de 57 % (médiane de surveillance 42 mois). Parmi les patients réfractaires, 2 n’ont toujours pas évolué à 42 et 87 mois. Sept sont décédés de toxicité. Une toxicité rénale moindre a été observée avec le protocole CarboPEC qu’avec le protocole VIC (30 % contre 63 %). La toxicité hématologique est en revanche similaire dans les deux protocoles. Cette étude montre la faisabilité de ces chimiothérapies intensives, avec une toxicité acceptable, qui permettent à quelques patients réfractaires d’être vivants à long terme. Les résultats semblent intéressants chez les patients traités en rattrapage d’un échec thérapeutique. Dans aucune situation, la chimiothérapie intensive n’est un traitement standard dans les tumeurs germinales. Des études randomisées sont en cours.