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Bulletin du Cancer

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Chimioradiothérapie des cancers du canal anal Volume 92, numéro 12, Décembre 2005

Auteurs
Centre Antoine-Lacassagne, 33, avenue Valombrose, Service de radiothérapie, 06189 Nice Cedex 2

L’objectif du traitement des cancers du canal anal est non seulement d’assurer le contrôle carcinologique, mais aussi de préserver la fonction sphinctérienne. Ces tumeurs sont radio et chimiosensibles et le traitement chirurgical par amputation abdominopérinéale a été remplacé par la radiothérapie exclusive, associée ou non à une chimiothérapie concomitante. Des essais randomisés ont montré la supériorité en termes de contrôle local d’un traitement par chimioradiothérapie par rapport à une radiothérapie exclusive ainsi que le bénéfice de la mitomycine C (MMC), au prix d’un taux de décès toxique évalué à 2 %. Les indications classiques de la chimioradiothérapie sont les tumeurs localement avancées T2 ≥ 4cm, T3-4 et les tumeurs N1-3. Les meilleures modalités des traitements combinés restent encore à préciser. Si l’association standard est 5-fluoro-uracile (5FU) + MMC, la MMC est souvent substituée par du cisplatine (CDDP) dont l’efficacité et la bonne tolérance ont été montrées dans des études de phase II et des études rétrospectives. La dose de radiothérapie, l’étalement, la durée de la période de repos et les indications du boost sont débattus, mais il semble démontré que l’étalement total doit être le plus court possible pour obtenir le meilleur rapport dose/efficacité. De nombreuses études de phases II-III sont en cours pour évaluer la meilleure association entre 5FU + MMC et 5FU + CDDP, ainsi que le bénéfice d’une chimiothérapie néoadjuvante, d’une chimiothérapie d’entretien et d’une augmentation de dose. L’avenir sera peut-être dans l’utilisation de fluoropyrimidines orales. Cet article est une revue des essais randomisés, des principales études de phase II et des études rétrospectives sur la chimioradiothérapie des cancers du canal anal.