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Bulletin du Cancer

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Aspects pratiques de la prise en charge des thromboses chez le patient cancéreux Volume 93, numéro 3, Mars 2006

Auteurs
Département de médecine adulte,, Département médecine adulte, Institut Gustave Roussy, 39, rue Camille-Desmoulin, 94800 Villejuif

Le risque de maladie thromboembolique est augmenté chez les patients atteints de cancer. Cette association thrombose-cancer est responsable d’une morbidité et d’une mortalité élevées et pose de multiples problèmes thérapeutiques. Dans la phase initiale du traitement anticoagulant, les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) présentent des avantages certains, notamment aux niveaux de la simplicité d’administration, de la surveillance, du risque hémorragique et des interactions médicamenteuses. Leur prescription remplace celle de l’héparine non fractionnée (HNF). Au cours de cette phase, il est néanmoins actuellement recommandé de prescrire l’HNF chez les patients nécessitant une anticoagulation rapide ou un arrêt rapide de l’effet anticoagulant, présentant une embolie pulmonaire (EP) massive ou en cas d’insuffisance rénale sévère. La prolongation du traitement par HBPM au-delà de la phase initiale (pour 3, voire 6 mois) semble augmenter la survie pour cette catégorie de patients. L’intérêt des HBPM en cas de risque important d’hémorragie cérébrale reste discutable. Le traitement au long cours utilisera essentiellement des HBPM ou les traitements oraux (ces derniers avec beaucoup de limites étant donné le risque de saignement ou de récidive lié à la difficulté d’avoir un équilibre constant) pour une durée d’au minimum 6 mois, durée qui peut être largement plus importante en cas de maladie thromboembolique récidivante (minimum12 mois, voire indéfiniment ou jusqu’à la guérison du cancer). En prophylaxie primaire, dans un contexte de chirurgie oncologique, les HBPM sont efficaces, utilisées à dose optimale, pour une durée adaptée au type de chirurgie. Dans un contexte médical, l’utilité d’un traitement anticoagulant préventif est moins bien définie en dehors d’un alitement prolongé. En matière de prophylaxie des récidives (traitement au long cours après thrombose), il semble bien que les HBPM soient supérieures aux antivitamines K.