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Annales de Gérontologie

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Médicaments et chute de la personne âgée Volume 1, numéro 1, Octobre-Novembre-Décembre 2008

Auteurs
Service de gérontologie clinique, CHU d’Angers, Service de gérontologie clinique, CHU de Saint-Étienne, FORMADEP, groupe Korian, Paris

En Europe et aux États-Unis, on estime que 85 % des sujets âgés de 65 ans et plus prennent au moins 1 médicament quotidiennement, et que 48 % en prennent 3 ou plus [1]. Par ailleurs, 1 sujet sur 3 à partir de 65 ans et 1 sujet sur 2 après 80 ans chutent [2, 3]. Ainsi, en raison de la forte prévalence de ces deux phénomènes au-delà de 65 ans, la coexistence d’une chute et de la prise quotidienne d’un ou de plusieurs médicaments est fréquente en gériatrie. Tout le problème pour le clinicien, lorsqu’il est confronté à cette situation, est de déterminer la nature de la relation qui unit la chute et le médicament. Le plus souvent, le médicament est considéré comme un facteur de risque de chute [2-7]. Cependant, lorsque l’on envisage la relation médicament-chute chez la personne âgée, il est important de ne pas limiter le rôle du médicament à celui du simple facteur de risque, puisque certains d’entre eux peuvent avoir un effet inverse, c’est-à-dire qu’ils réduisent le risque de chute [8]. C’est notamment le cas de la dopathérapie ou des antiépileptiques qui diminuent ou font disparaître la symptomatologie neurologique à l’origine de la chute. En dehors du rôle direct ou indirect que peut jouer le médicament dans le mécanisme de la chute, soit en tant que facteur de risque ou facteur protecteur de la chute, la relation médicament-chute doit être également considérée sous l’angle des conséquences liées à la prise d’un médicament en cas de chutes. L’exemple le plus classique, et probablement le plus fréquent, est celui du clinicien confronté à la question de la prescription ou de la poursuite d’un traitement anticoagulant chez le sujet âgé chuteur ou à risque élevé en raison des complications hémorragiques liées aux chutes traumatisantes.