John Libbey Eurotext

Annales de Biologie Clinique

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Les diagnostics de la maladie d’Alzheimer Volume 56, numéro 2, Mars - Avril 1998

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La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative caractérisée par des troubles de la mémoire, puis du langage, de la reconnaissance et des activités gestuelles. Cette maladie, dont le facteur de risque majeur est l’âge, est très invalidante et son poids socio-économique va s’alourdir davantage. Au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, on portera un diagnostic de « maladie d’Alzheimer possible », puis « maladie d’Alzheimer probable » en fonction de critères cliniques bien spécifiques. Le diagnostic de « maladie d’Alzheimer certaine » nécessite l’examen neuropathologique post-mortem du cerveau et la démonstration de dépôts de substance amyloïde et de neurones en dégénérescence neurofibrillaire en abondance dans les régions hippocampiques et corticales associatives. Cet examen montre qu’il y a environ 15 % d’erreurs de diagnostic clinique dans les meilleurs centres hospitalo-universitaires. Le diagnostic précoce doit donc être amélioré car il est indispensable au développement efficace d’une approche thérapeutique. Actuellement, les espoirs se portent vers des marqueurs biologiques périphériques (sérum ou liquide céphalorachidien) et quelques pistes intéressantes sont en cours d’exploration. Cependant, l’histoire naturelle (et moléculaire) de la maladie d’Alzheimer indique les difficultés d’un diagnostic périphérique, car tous les dysfonctionnements biochimiques connus semblent se limiter uniquement au système nerveux central. Cela est particulièrement vrai pour les éléments spécifiques de la maladie comme le peptide Ab et les protéines Tau pathologiques qui sont respectivement les constituants de base des plaques amyloïdes et de la dégénérescence neurofibrillaire. Par ailleurs, les marqueurs génétiques n’expliquent que 50 % des formes familiales autosomiques dominantes, et ces dernières ne représentent que moins de 1 % de l’ensemble des cas de maladie d’Alzheimer. Les marqueurs connus de la maladie d’Alzheimer ne sont pas assez spécifiques et sensibles. La recherche de nouveaux marqueurs doit donc se poursuivre, qu’ils soient cliniques, épidémiologiques, génétiques, biochimiques ou biologiques.