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Annales de Biologie Clinique

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Effets de la leptine et de l’adiponectine sur le système cardiovasculaire Volume 78, numéro 3, Mai-Juin 2020

Auteurs
Jean-Philippe Bastard Pour le groupe de travail RIHN Adipokinesa 2 3 4
1 Laboratoire de biochimie, Institut fédératif de biologie, Hôpital Purpan, CHU de Toulouse, Toulouse, France
2 Sorbonne Université, Inserm UMR_S 938, Centre de recherche Saint-Antoine, Institut hospitalo-universitaire de cardio-métabolisme et nutrition (ICAN), Paris, France
3 Hôpital Tenon, AP-HP, Service de biochimie et hormonologie, UF Bio-marqueurs inflammatoires et métaboliques, Paris, France
4 Hôpitaux universitaires Henri Mondor, AP-HP, Département de biochimie-pharmacologie-biologie moléculaire-génétique médicale, Créteil, France
* Correspondance
a Membres du groupe de travail RIHN Adipokines : Jean-Philippe Bastard, Jacqueline Capeau, Rim Charchour, Christine Collet, Charlotte Cuerq, Diane Dufour-Rainfray, Soraya Fellahi, Annelise Genoux, Jean Guibourdenche, Isabelle Jéru, Jean-Marc Lacorte, Gilles Morineau, Camille Vatier, Corinne Vigouroux

Une leptinémie élevée a été associée à une augmentation du risque cardiovasculaire. Cependant, des études épidémiologiques ne retrouvent pas cette association, suggérant des effets distincts de la leptine selon le contexte physiopathologique. Les études menées chez les souris déficientes en leptine ou en son récepteur sont également contradictoires. Elles montrent des effets protecteurs ou délétères selon le fond génétique de l’animal et des doses de leptine administrées, rendant l’interprétation des résultats délicate. Une adiponectinémie élevée est associée à un profil cardiovasculaire favorable. L’adiponectine a des effets athéroprotecteurs à tous les stades de développement de la plaque d’athérome. Cependant, ces mécanismes physiopathologiques ont été établis à partir de modèles cellulaires. De plus, les modèles murins utilisés ont un métabolisme des lipoprotéines différent de l’homme, ce qui complique l’extrapolation des résultats. Enfin, les études épidémiologiques montrent des résultats paradoxaux puisqu’une adiponectinémie élevée est associée à une augmentation de la mortalité cardiovasculaire et toutes causes confondues. Ceci illustre le paradoxe des adipokines et montrent la complexité de leur utilisation comme biomarqueurs dans les pathologies cardiovasculaires. Une résistance à l’action de ces adipokines pourrait expliquer ces discordances.