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Annales de Biologie Clinique

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Criblage toxicologique urinaire par une méthode automatisée immunoenzymatique multiparamétrique basée sur une technique de biopuce : comparaison à de l’immunochromatographie et de la chromatographie liquide couplée à de la spectrométrie de masse Volume 80, numéro 4, 2022-07-01

Auteurs
1 Laboratoire de biologie médicale, CH de Montauban, Montauban, France
2 Université Toulouse-III, Toulouse, France
3 Département de pharmacologie, toxicologie et pharmacovigilance, CHU Limoges, Limoges, France
4 Inserm, IPPRITT, U1248, Limoges, France
5 Laboratoire de pharmacocinétique et toxicologie, CHU, Toulouse, France
6 Centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), CH Montauban, Montauban, France
7 Service d’addictologie, CH de Montauban, Montauban, France
8 Service de psychiatrie, CH de Montauban, Montauban, France
9 Service des urgences, CH de Montauban, Montauban, France
10 Laboratoire de biologie médicale, CH de Cahors, Cahors, France
Correspondance : D. Metsu

La recherche des toxiques multiparamétrique repose principalement sur des méthodes immunochromatographie [IC] et de chromatographie (CL). Une nouvelle méthode automatisée immunoenzymatique (IE) (Multistat®) en biopuce, combine un rendu de résultats rapide et des performances analytiques, en termes de seuils de positivité, proche de la CL. L’objectif de notre étude a été de comparer l’IE à des méthodes d’IC et de CL sur des échantillons hospitaliers.

Soixante-douze échantillons ont été analysés par IC (amphétamines, opiacés, benzodiazépines, THC, méthadone, cocaïne), IE et CL (classes précédentes plus opioïdes et dérivés de la cathinone). Les résultats d’IC étaient lus par au moins 7 personnes pour évaluer la subjectivité des lectures. Les résultats d’IE, d’IC et de CL étaient comparés entre eux. La quantification en CL était exploitée pour expliquer les discordances.

Une forte proportion de discordances (de 29 à 64 %) était observée entre IC et IE sur la plupart des toxiques explorées sauf pour les benzodiazépines, la méthadone et les opiacés. Ces discordances n’étaient pas retrouvées entre IE et CL, hormis pour certaines substances (28 % à 67 % de divergences pour buprénorphine, tramadol et oxycodone, 100 % pour les dérivés de la cathinone). À l’inverse de l’IC, les performances de l’IE se rapprochaient de celles de la CL, sauf pour certaines substances pour lesquelles des réactions croisées doivent être recherchées. Les discordances de lecture étaient fréquentes en IC et rendent difficile un rendu de résultat robuste. En conclusion, le Multistat® est une méthode intéressante pour un criblage en première intention pour les laboratoires sans CL.