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Virologie

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Premières étapes de la transmission du VIH à travers les muqueuses Volume 6, numéro 5, Septembre - Octobre 2002

Auteur
Entrée muqueuse du VIH et immunité muqueuse, Département de biologie cellulaire, Inserm U 567, CNRS UMR 8104, Institut Cochin, 22, rue Méchain, 75014 Paris
  • Mots-clés : VIH ­ Muqueuse ­ Epithélium ­ Dendritique ­ IgA.
  • Page(s) : 363-78
  • Année de parution : 2002

La contamination par le VIH se produit essentiellement par les muqueuses (digestives, rectales ou vaginales). Ces muqueuses sont couvertes par une couche de cellules épithéliales polarisées qui présentent une organisation soit pluristratifiée (vagin, exocol, anus, prépuce), soit monostratifiée (rectum, endocol, intestin). Le passage du virus à travers ces muqueuses peut se faire de différentes façons selon le type d'épithélium à traverser : ­ par transcytose rapide à travers une barrière épithéliale monostratifiée sans infection de cette dernière. L'entrée du virus, qui a bourgeonné au contact entre la cellule infectée et le pôle apical de la barrière épithéliale, est médiée au pôle apical par le galactosyl céramide. Le virus, libéré au pôle basal après passage transcellulaire par transcytose dans l'épithélium, peut alors infecter les cellules mononucléées de la lamina propria, très probablement les lymphocytes TCD4+, et propager l'infection ; ­ par l'interaction du VIH avec les cellules dendritiques de Langerhans, avec ou sans infection. Celles-ci deviennent activées et migrent à travers l'épithélium pluristratifié vers le ganglion lymphatique. Là, les cellules dendritiques transmettent le virus aux cellules mononucléées, très probablement les lymphocytes TCD4+. La lectine DC-SIGN, exprimée par les cellules dendritiques, semble participer à ce transfert ; ­ par les microtraumatismes des muqueuses donnant libre accès aux cellules du sang ; ­ par transcytose à travers les cellules M, ce qui reste à montrer chez l'homme. Des anticorps muqueux spécifiques du VIH reconnaissant une partie conservée de la glycoprotéine d'enveloppe du VIH peuvent neutraliser la transcytose. Finalement, il semble exister des mécanismes génétiques chez certains et immunologiques chez d'autres qui confèrent à certains individus une résistance à l'infection.